mercredi 18 juin 2008

Rubrique spectacles


La saison continue.

Est-ce l’approche de l’été qui généra cette inconsciente effervescence avant même l’entrée en scène ou l’effet d’une troupe étoffée ?
La pièce s’ouvrit par une “salade”(1) funéraire servie cahin-caha par le metteur en scène mais que son assistant fit avaler sans difficulté aucune, à tous les participants attablés, sans qu’ils en connaissent la composition (secret culinaire bien gardé que l’on ne dévoila point à un acteur qui en fit la demande).
Puis le souffleur eut fort à faire pour secourir à maintes reprises, le metteur en scène perdu dans ses notes et semblant avoir oublié jusqu’à leur contenu. Le rituel du ballet des doigts levés fut en partie remplacé par le jeu des statues (innovation issue d’une expérience récente, semble-t-il) et les petits papiers se passèrent d’enveloppes, lors du placement des nouveaux membres de la troupe.
Le plus étonnant fut la nouvelle disposition des personnages. Côté cour, l’on prenait la pose, empesés, l’on accentuait le sérieux jusqu’à la caricature et certains se gonflaient d’importance. Côté jardin, la frivolité l’emportait, l’on s’agitait, l’on montrait des visages ravis, surtout l’on jacassait indéfiniment et l’on était à cent lieues de l’action en cours. Cela en devint si gênant que le premier rôle lui même réclama le silence...

Bientôt, le vent faraud qui s’était levé avant la séance souffla avec plus de vigueur et ne voilà-t-il pas que tous, s’animant soudainement, commencèrent à jouer une autre pièce, totalement différente et dont les rôles leur convenaient nettement mieux. Mais voilà, celle-là n’était pas à l’affiche et se joue d’ordinaire dans un tout autre décor.

La “salade” était au menu, la pièce fut un navet !

Le plumitif
(1) : terme authentique repris du texte original de la pièce

Aucun commentaire: