lundi 31 mars 2014

À qui la fève ?

La semaine passée, nous avons remarqué que la population avait rejeté les sortants, qu'ils soient maire, adjoints ou simples conseillers. Le quatrième adjoint en titre faisait exception en étant potentiellement éligible, mais n'arrivait tout de même qu'en sixième position, ce qui n'était pas si brillant pour une Tête de liste le revendiquant haut et fort, et allait dans le sens de la réprobation des électeurs, comme pour les autres sortants. Son score devait beaucoup à l'effet "liste entière".
Les électeurs ont dû réaliser la situation en corrigeant le tir au deuxième tour, car si tous les autres sortants on grappillé des voix, notre prétentieuse prétendue maire est la seule a en avoir perdu, la seule aussi de SA propre liste a en avoir perdu tandis que tous ses colistiers en ont gagné, sans exception. Sur la tangente, elle a bien failli disparaître derrière l'Horizon qui s'éloignait. Elle n'a dû notamment son salut qu'au colistier pourfendeur des eaux boueuses qui en battant le rappel d'anciens camarades de lutte a permis par leur vote désintéressé (au sens propre) de liste entière d'apporter la bouée de sauvetage, in extremis.
Qu'en déduire ? Un élu est un élu, mais pour ceux qui ont tenu et soutenu la thèse "la population m'a élu maire", sur la base d'un score détourné, la leçon est rude mais claire, et il serait temps de cesser d'inventer des chemins détournés pour accéder au mirage du pouvoir. Les nouveaux élus feraient bien d'y réfléchir, au moment de choisir maire et adjoints, s'ils ne veulent pas se discréditer d'emblée en début de mandat, surtout que leur choix ne sera pas provisoire, il va les engager pour la totalité de la mandature.
La rumeur laissait entendre avant même le deuxième tour que des vaillants soldats (et ils le furent) aspiraient au grade supérieur, forts de la victoire probable attendue. Ils avaient surtout entendu le message des électeurs.

Résultats du 2ème tour


Les élus et les suivants


La deuxième moitié

vendredi 28 mars 2014

À vot'bon cœur

Et si on faisait une petite quête à la porte du bureau de vote ?

Ça commençait bien

Ça continue

Y'a pas de raison que ça s'arrête

Pourquoi se priver ?

Un peu d'arithmétique : 1,045 x 1,015 x 1,02 x 1, 02 = 1,1035
soit 10,35 % d'augmentation pour ces quatre exemples.
Et vous, votre revenu, il a augmenté de combien, impôts et taxes diverses déduites ?

Vos vaccins sont à jour ?



Comme pour les vaccins, une petite piqûre de rappel peut être nécessaire contre la maladie du sommeil et les intoxications.
Voici à la volée quelques repères et anecdotes.

Extrait du programme de "Kerlaz avenir", en 2001 (5 élus, dont Henri Salm, Michel Kervoalen, Sylvie Farou) :
"La concertation est avant tout un état d'esprit, une volonté de travailler ensemble par la consultation des citoyens, du moins sur les projets importants. La Commune appartient à tous.
La communication est essentielle, chez les élus et vers la population.
Savoir rendre compte est l'une des bases de la démocratie locale et constitue l'un des devoirs de la municipalité." (en gras dans l'original)
Ils étaient minoritaires à l'époque, et depuis ?
 
Le premier tour de l'élection de 2008 en a surpris plus d'un : 2 élus pour la liste "Unis dans l'action" (majorité sortante d'alors), dont Annie Flochlay, 12 pour "Vivre à Kerlaz", les sortants actuels donc. L'équipe de "Unis dans l'action" décide alors de ne pas présenter de candidat au seul poste restant à pourvoir et distribue entre les deux tours un prospectus dans lequel on peut lire : 
 "Aussi dans cette situation, il nous semble plus adapté de donner à Vivre à Kerlaz la pleine dimension de son ambition de mettre en œuvre "une autre façon de gérer". (en gras dans l'original)
Nous verrons, en son temps, quels enseignements en tirer. De toute évidence, c'est une rupture qui marquera la différence.
En espérant que Kerlaz puisse bénéficier de cette nouvelle orientation que vous avez voulue."
Sans commentaire.

Conseil du 18 juillet 2008 : conseillers présents : 8 sur 15 , 4 mois après leur élection (2 mois pour les nouveaux de l'élection complémentaire).
Quelle passion, déjà, pour l'intérêt collectif !

Conseil du 27 janvier 2009. Entre autres questions, le POS était à l'ordre du jour. Dans le maigre public, une dame interrogeait le conseil avec un peu d'insistance; le maire lui a demandé de ne plus intervenir. Normal. Interpellation du maire par Madame le 4ème adjoint : "on évacue !"
Sarkozy et Valls sont des gamins... Pas de caserne de CRS envisagée pour favoriser le lien social ?

God save the Queen


Nous sommes de plus en plus soumis à la pression de l'anglicisme. Outre le fait que l'impérialisme américain impose l'anglais comme langage technique d'échange dans nombre de domaines, dont l'informatique, il est de bon ton d'user de mots anglais plus que nécessaire, c'est même très bien vu dans la business class. Il suffit de feuilleter les magazines de salles d'attente pour s'en rendre compte, voire écouter la radio nationale généraliste dont certaines émissions qui se veulent "branchées" usent et abusent.
Les langues étrangères, oui ! et pas seulement l'anglais, mais le français aussi, et de préférence sans sabotage, ce qui, ne pas confondre, n'exclut pas de jouer de la langue, tous les amoureux francophiles vous le diront.
Well, revenons à nos brebis, darling.
Si Kerlaz ne sombre pas trop dans cette tendance langagière anglophile, un rapprochement peu engageant avec Londres s'amorce dans notre village. N'allez pas croire qu'il s'agit d'un projet de jumelage, dont l'idée émise par des candidats conseillers il y a six ans n'a pas eu de suite, mais mentionnée dans le seul programme des candidats  de la liste Unissons nous pour Kerlaz au premier tour, proposition maintenant disparue bien que ce soit un facteur de lien social.
Oublions donc cette hypothèse, le rapprochement avec la perfide Albion, c'est Number One, la First Lady Herself .
What is it, comment ça marche, penaos an traou ?
Extraits du mode d'emploi, de traductions diverses :
"Le monarque choisit son nom de règne comme il l'entend, ce n'est pas nécessairement son premier prénom.
Le souverain britannique est le chef spirituel de la nation et défenseur de la foi.
La reine reçoit les serments d'allégeance qui lui sont faits.
La reine est chargée de nommer un nouveau Premier ministre. Celui-ci entre officiellement en poste lors d'une cérémonie connue sous le nom de baiser la main." Charmant, n'est-il pas ?
Le rôle du souverain se cantonne donc essentiellement à un rôle cérémoniel en tant que chef d'État. En fait, le rôle de la reine est surtout limité à des fonctions honorifiques, soit de représentation, soit d'octroi d'honneurs. Le pouvoir politique est détenu par le Parlement qui édicte les lois, qui, débattues par la Chambre des Lords et signées par la reine, ne peuvent néanmoins être bloquées par elles.
Autre chose : bien qu'elle n'ait qu'une fonction honorifique, le Parlement pourvoit aux dépenses de la souveraine par des fonds publics, en une substantielle dotation fixée pour dix ans sous le nom de « liste civile » d'une part et de confortables subventions annuelles d'autre part.
On voit donc bien la particularité de ce régime en deux parties, ce que Walter Bagehot, journaliste politique du XIXème soulignait en décrivant le monarque comme "la partie digne", par opposition à "la partie efficace", le Parlement.
Voilà ce qui va nous rapprocher de nos voisins anglais. Nous nous acheminons localement vers une monarchie constitutionnelle, certes à moindre échelle, mais le principe demeure, transposé. D'un côté la partie digne : la reine, auto-intronisée grâce à la défection du prédécent monarque et aux serments d'allégeance, bien pourvue de sa liste civile et dotations accessoires subvenant largement aux frais de parade, de l'autre la partie efficace : le premier ministre et autres collaborateurs à la tâche.
Si, bien qu'amis de nos voisins d'Outre-Manche, vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de ce modèle de gouvernance, dites vous bien qu'il ne tient qu'à vous de l'éviter. Dimanche, même si un groupe constitué a vos préférences globalement, n'oubliez pas que vous avez à élire des candidats individuellement. Rien ne vous oblige, ayant choisi votre équipe efficace*, à prendre par dessus le marché, mais pas gratuitement, une monarque qui à l'instar d'Élisabeth la queen, n'ayant eu à prouver, et pour cause, quelque efficacité autre que de parade, saura faire prendre très au sérieux son rôle cérémoniel, dotée de sa confortable liste civile que vous lui aurez généreusement attribuée pour assurer ses vieux jours.

PS : si la noblesse de classe n'est pas notre cup of tea, saluons tout de même le baron Bich, qui en démocratisant son célèbre stylo, nous permet de voter comme on l'entend, en barrant proprement.    

Dernière minute : si d'aventure, dès dimanche soir on entendait "le roi est mort, vive la reine !", Stéphane Bern assurerait en personne la cérémonie de l'intronisation qui sera diffusée en direct à l'Eurovision. Prions pour une météo clémente au passage du carrosse.

(*) une équipe efficace n'est pas la somme de compétences proclamées, plus ou moins abusivement

Pour en savoir plus : la monarchie britannique, la constitution, son histoire.

Scène de marché aux halles de Douarnenez - 2





Thérèse  — Alors Chan, comment s’est passée vot’ semaine ?
Chan      — Oh, mad awalc’h, je suis pas trop énervée avec le vote de dimanche, vous vous devez être non ?
Thérèse  — Nous c’est comme si on n’avait rien fait. On repart à zéro. Y en a qui espéraient passer comme une  lettre à la poste, enfin celle d’avant, parce que maintenant le courrier reste coincé on sait pas où, des fois.
Chan      — Quand j’ai rien vu dans le journal lundi, je me demandais bien ce qu’il y avait eu.
Thérèse  — Vous savez bien au moins que les gens sont obligés de prendre dans chaque liste si on veut que au conseil ce soit pas que des autochtones ou que des nouveaux arrivés, et en plus les gens sont pas contents de ceux qui étaient en place. Les résultats sont là; qu’est-ce qu’on fera ?
Chan      — Ici, ce sera plus facile, y aura que deux listes dimanche prochain. Gauche, droite, c’est plus clair pour le monde.
Thérèse  — À Kerlaz, y a toujours trois. Ils auraient pu s’arranger et faire que deux quand même. Ils savent pas compter faut croire !
Chan      — Ils ont oublié que l’union fait la force, comme on dit.
Thérèse  — Ou alors ils sont tellement comme chien et chat, qu’ils peuvent pas travailler ensemble. Peut-être que c’est ça.

Arrive Soiz, une autre Kerlazienne.

Soiz       — Ah ! Il fait pas trop beau encore hein ! Je voulais vous voir Chan, vous avez eu les bulletins pour dimanche ?
Chan      — Pas tous encore.
Soiz       — Pour une liste ils ont mis que un bulletin.
Chan      — Que un bulletin ! A quoi ils pensent ? Ils veulent pas que les femmes votent peut-être. Tellement de mal qu’on  a eu pour ça, ah nan vat, c’est vrai qu’on vote pas toujours comme les maris, mais c’est pas une raison.
Soiz       — Oui mais on pourra pas préparer à la maison, et ça fera un embouteillage, sûr.
Thérèse  — Un embouteillage où alors ?
Soiz       — Dans le bureau de vote, tiens. Vous savez bien que barrer sans se tromper ça prend du temps, et y a pas beaucoup de place dans les cabines, et c’est pas bien éclairé. En plus il faut pas oublier son stylo, et vérifier qu’il marche.
Chan      — Et il faut bien recompter pour pas dépasser 15, avant de mettre dans l’enveloppe.
Thérèse  — Si c’est compliqué comme ça, il y en a qui mettront peut-être toute la liste, c’est plus simple, comme ici.
Soiz      — Ou bien pas du tout, et cette liste aura personne au conseil. Ah ! Me lavar dit, quel casse-tête.
Chan     — N’importe comment dimanche soir on saura quel maire on aura.
Soiz      — Et personne sera content du maire !
Chan     — C’est pas drôle, ils ont qu’à mettre des gens capables aussi !
Soiz      — Il est temps que j’aille, kenavo Thérèse, nous on se verra dimanche, hein Chan.
Chan    — Mechans. Ta fille arrive Thérèse, kenavo alors, votez bien dimanche !

Le plumitif

jeudi 27 mars 2014

Demandez le programme, suite


Dessin paru dans La Croix
 Cette fois, ça y est. Nous avons toutes les cartes en main pour décider de l'évolution de la commune dans les prochaines années, en partie, car le conseil municipal élu ne décidera pas de tout, la communauté de communes s'attribuant de plus en plus de compétences qui échappent du même coup à nos conseillers.
Quelles bonnes nouvelles dans cette dernière profession de foi ?
L'accent est mis d'emblée sur les adjoints et conseillers sortants "ce qui donne la garantie d'une expérience". Bien vu. N'est-ce justement pas pour la garantie de les voir faire la même chose en cas de renouvellement de leurs mandats, que les électeurs les ont délaissés (2 candidats potentiellement éligibles sur la base du 1er tour) ?
"Plusieurs candidats participent activement à la vie associative", et alors ? C'est très bien, peut-être que certains, en plus d'être cordiaux, éventuellement de sympathiques animateurs sont bons gérants de leur activité, cela n'en fait pas pour autant d'emblée de bons conseillers. Un bon conseiller doit être d'abord un bon généraliste; s'il a une spécialité en plus qui peut aider au travail collectif, tant mieux.
"Par votre confiance, vous contribuerez à la cohésion de notre équipe". Alors là, pour des candidats qui mettent en avant la communication (les autres aussi, mais enfin...) c'est assez fortiche. On nous dit que c'est à nous d'assurer la cohésion de l'équipe, qui ne l'était donc pas. Remarquez, on s'en doutait, la tête de liste et les conseillers sortants qui maintenant s'allient avec ceux qu'ils ont dénoncés il y a six ans, leur élection était même basée là-dessus, cela avait de quoi rendre perplexe et faire douter d'une ligne de conduite fiable.

Pour le reste, c'est comme d'habitude, et comme pour tous les anciens, on promet surtout ce qui est déjà décidé (salle par exemple) ou ce dont on a eu la preuve que c'est le moindre de leurs soucis (information, concertation, etc.).
Bonne chance à ceux qui méritent mieux que la présentation qui nous en est faite. 



mercredi 26 mars 2014

Demandez le programme !


Thérèse ou Emmanuelle ?

C'est reparti, on prend les mêmes et on recommence. On ne connaît pas les réflexions des groupes de candidats ni les motivations pour repartir "comme en quarante", crise de foi pour les uns, crise de foie pour les autres, mais tous au front !
Pour l'instant, deux listes nous ont fait connaître leur intention et leur profession de foi, bien nommée.
La liste Horizon Kerlaz a tiré la première, forte de ses résultats encourageants, mais leurs animateurs, dans leur euphorie, ne devraient pas pour autant prendre les électeurs pour des fidèles adorateurs. "Les réponses à vos attentes pour Kerlaz se trouvent dans le programme présenté lors de notre réunion publique". Donc, si vous êtes indécis, si vous avez des interrogations, circulez, il n'y a plus rien à voir ! L'essentiel est de "nous soutenir encore (et) encore". La tête de liste rêve-t-elle d'une élection de république bananière ?
Ceux de la liste Unissons nous pour Kerlaz nous laissent perplexes. Soit ils ont agi dans la précipitation, ce que laisse croire la présentation de leur prospectus, soit ils n'ont pas bien réalisé la situation, ou si oui ils sont un peu masochistes. Il apparaît assez nettement que le maire, les adjoints et conseillers sortants, n'ont pas soulevé l'enthousiasme des citoyens; dès lors, mettre au programme la continuation de l'œuvre du conseil sortant, et cela seul, en abandonnant ce qui dans leur programme du premier tour aurait pu être la promesse d'une évolution positive (pour peu que l'on y crût), cela semble suicidaire.
Silence pour Agir et vivre ensemble à Kerlaz. Tout le monde y retourne, mais l'enfantement de la stratégie doit se faire dans la douleur, l'alliance pour l'obsession de la liste complète a des effets pervers.

mardi 25 mars 2014

On a raté l'épiphanie*

Matthias Stom L'Adoration des mages

Il aura fallu beaucoup de temps pour effectuer le dépouillement du scrutin dimanche soir. Rien d'étonnant, car avec 45 candidats répartis en trois listes panachables c'était prévisible. Les trois listes étant menées chacune par un adjoint sortant de la même équipe, s'affirmant futur maire et présentant les mêmes perspectives, les voix se sont évidemment réparties de sorte qu'aucun groupe n'atteint la majorité requise.
À l'encontre du principe du scrutin pour la taille de notre commune, une partie des électeurs aura choisi un maire, perpétuant une certaine tradition qui fait élire un "notable" doté de pouvoirs divers, réels ou supposés, soit par la capacité financière indirecte de bienfaisance ou nuisance, soit par l'appartenance ou affinités reconnues avec un milieu de pouvoir législatif ou administratif, soit plus modestement mais aussi efficacement bienveillant à l'égard de communautés transversales.
Jusqu'à ces derniers scrutins, jusqu'à l'installation de nouveaux habitants en nombre significatif, l'élection municipale fonctionnait ainsi : deux listes, deux clans rivaux, mais mus par des intérêts de même nature, espérant du prétendant maire qui les représentait la bonne garde (et plus, puisque affinités) de leurs prérogatives. En fait, l'électeur lamda non concerné par ce dessous des cartes avait à choisir entre par Pareil et Memestra, en n'ayant pas les clés pour décrypter quoi que ce soit.
On retrouve en général l'expression du vote de ces traditionnalistes dans le score plus élevé des meneurs que celui de leurs colistiers.
Mais l'affaire s'est compliquée avec l'amplification de l'immigration (que fait la police ?). Les anciens ont plus de mal à recruter des candidats tout du cru, au point pour une partie d'entre eux de s'allier en liste commune avec leurs ennemis d'hier (cherchez l'erreur). Il semble que les vieilles méthodes n'aient pas porté leurs fruits car en l'absence tant d'informations sur les candidats que de précisions sur les prétendus programmes, une grande partie des électeurs s'est détournée de ces candidats routiniers.
Une liste se détache donc assez nettement dans le résultat du premier tour. Leurs candidats récoltent sans doute le résultat de leurs efforts pour expliquer leurs intentions, rencontrer la population (la convaincre c'est une autre histoire). Si leur réunion publique n'a pas attiré foule, dommage, elle a le mérite d'avoir été organisée. Si du chemin reste à parcourir, on a pu ressentir une sincère envie de bien faire chez les nouveaux participants, d'où leur score prometteur.
Une constatation s'impose :  les adjoints et conseillers sortants n'ont pas eu la faveur des électeurs, et le maire sortant, s'il se souvient de sa péremptoire déclaration "la population m'a élu maire" a de quoi méditer en deuxième moitié de peloton, devenu porteur d'eau.

Peut-être que l'apparente indifférence à l'égard du fonctionnement du conseil municipal durant la mandature est trompeuse et que les citoyens se sont un peu réveillés en allant y voir de plus près et en tirer des conclusions  avant d'engager leur avenir. Qu'ils poursuivent la réflexion avant dimanche prochain, c'est le mieux que l'on puisse leur souhaiter.


(*) L' Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et recevant la visite et l'hommage des rois mages (Wikipedia)

lundi 24 mars 2014

Résultats




 L'heure tardive de fin du dépouillement n'a pas permis la parution dans la presse. Voici les résultats.



NB : Pour améliorer la lisibilité, vous pouvez soit agrandir l'image dans votre navigateur, soit la télécharger et l'agrandir dans votre ordinateur.

Choix cornélien

Paru dans Le Canard Enchaîné du 19 mars

samedi 22 mars 2014

Votez


La dernière séance : grosse arnaque

La lumièr' revient déjà
Et le film est terminé
Je réveille mon voisin
Il dort comme un nouveau-né
Je relèv' mon strapontin
J'ai une envie de bailler
C'était la dernièr' séquence
C'était la dernièr' séance
Et le rideau sur l'écran est tombé

Mardi soir c’était la dernière séquence. "Ambiance sereine et conviviale... les points ont été votés à l’unanimité" pouvait-on lire dans la presse locale. Comme c’est étrange, la veille on nous faisait croire que les débats étaient fermes et les critiques vigoureuses. Subtilités de langage qui nous échappent, mais bientôt ce sera l’ère de la grande Communication Transparente alors on y verra plus clair.
Que découvre t-on parmi les points adoptés à l’unanimité ? l’augmentation des impôts locaux de 2 %, à cause paraît-il des nouveaux rythmes scolaires. Quand ce n’est pas cet argument, c’en est un autre, pour chaque année en rajouter une couche. Quel compte est tenu du niveau de l’inflation et de l’évolution des salaires ? Pendant ce temps, les mêmes prévoient d’ajouter des indemnités aux futurs élus communautaires, après s’être généreusement augmentés, tant au conseil communautaire qu’au conseil municipal.
Quoi d’autre ? un investissement de 214 425 € pour la future salle polyvalente. N’est-ce pas ce que promettent de réaliser nos adjoints sortants ?

Bref, on est bien placé pour les énergies renouvelables, les éoliennes en particulier, on ne manque pas d'air.

vendredi 21 mars 2014

Scène de marché aux halles de Douarnenez




À petits pas Thérèse vient prendre son tour dans la queue devant la poissonnerie où elle reconnaît son amie Chan.

Chan      — Oh ! Bonjour Thérèse, comment ça va avec vous ? Depuis le temps qu’on s’est pas vu…
Thérèse  — Ca peut aller maintenant que les tempêtes sont passées.
Chan      — Des tempêtes y aura encore ici dimanche soir.
Thérèse  — Ah oui, c’est vrai, vous avez quatre listes à Douarnenez. Au moins vous avez le choix.
Chan      — On a de quoi faire, "entre les deux mon cœur balance", à droite comme à gauche. Le mien balance toujours. Mais vous aussi à Kerlaz vous avez le choix: trois listes pour 800 habitants, ça bouge !
Thérèse  — Moins que la mer à Treizmalaouen cet hiver.
Chan      — Ah bon !
Thérèse  — Ils disent tous la même chose; Ils veulent tous faire la même chose.
Chan      — Mais pourquoi ils sont pas sur la même liste alors ?
Thérèse  — Y a que un pour être maire vous savez bien. Mais ils ont oublié quelque chose sur leur programme.
Chan      — Quoi alors ?
Thérèse  — Un resto du cœur.
Chan      — Comment ?
Thérèse  — Pour plumer le pigeon ils sont tous d’accord, ils viennent de voter une augmentation des impôts locaux et ma retraite qui n’augmente pas. Ceux-là sont tous des nantis et ils pensent pas aux autres, et ils ont tous voté pour.
Chan      — Comme ça celui qui ira dedans pourra dire que c’est ceux d’avant qui ont fait le coup...
Thérèse  — En attendant, je sais toujours pas pour lesquels voter. Je crois que je vais écrire tous les noms sur des petits papiers et dire à mon mab bihan de tirer quinze billets.
Chan      — Comme pour le loto quoi.
Thérèse  — Ou alors je mets rien dans l’enveloppe je verrai
Chan      — Ah ! Voilà ma merc’h qui vient me chercher.
Thérèse — Kénavo alors, la semaine prochaine on verra la suite.

Le plumitif

Mode d'emploi

Pour ceux qui n'auraient pas bien compris le mode de scrutin, voici un exemple en image.




Attention ! vous ne pouvez remplacer que un pour un, veillez donc à ne pas dépasser le nombre de 15, sinon votre bulletin serait nul, mais s'il ne compte que 14 noms, il restera valable.

Affûtez vos stylos !

jeudi 20 mars 2014

On se fout de notre...

Vers le bureau de vote ?
Depuis plusieurs semaines, trois têtes de liste adjoints sortants, associés à des conseillers sortants ou anciens candidats moins chanceux, nous proclament sans rire qu'il faut du lien social, de la communication, de la transparence. Outre le fait que c'était la base de leur programme de 2008, qui les a fait élire, et qu'ils se sont empressés d'oublier, ils démontrent leur hypocrisie à moins d'une semaine de l'élection. Un ultime conseil municipal avait lieu mardi soir de cette semaine, mais aucune annonce ni information préalable n'a été faite. Rappelons que le conseil municipal est public, et l'une des obligations induites est justement l'annonce publique de sa tenue, faute de quoi il sort de la légalité. Question légalité, on n'est pas à une entorse près chez ces braves, mais si près de l'échéance du mandat en étant candidat au renouvellement montre le peu de considération accordée aux citoyens. Probablement le fait que les trois listes en présence soient "conduites" par des adjoints les amène à penser croire que de toute façon il n'y a pas d'échappatoire pour l'électeur qui sera bien obligé de subir les mêmes et les mêmes méthodes. Erreur, mes chers (si, si, je vous laisse réfléchir là-dessus). Kerlaz reste une petite commune, de moins de mille habitants, et le scrutin invite au panachage. Il reste assez d'autres candidats, après éviction de ces vaniteux, pour constituer un conseil municipal, surtout que si l'on croit ces chefs qui les présentent, ils sont tous compétents. C'est l'occasion d'en profiter, de toutes ces compétences.
Une mention particulière tout-de même pour le maire et son quatrième adjoint qui à une réunion publique dont l'objet était la vie municipale la veille même du conseil n'en ont pipé mot, préférant une querelle de façade. Passe encore que le maire, bien qu'il en ait la charge, se soit abstenu de cette information, car on ne se défait pas si facilement d'une habitude, mais l'adjointe venait de déclamer quelques tirades sur la participation, la transparence, la publicité des débats, etc. Selon une boutade bien connue, les promesses n'engagent que ceux qui y croient, mais en porter la contradiction de l'affirmation à ce point, c'est de l'art (contemporain, hélas).

Fontaine... de jouvence ?

Vivre à Kerlaz 2008

 À la réunion d'information des candidats de "Horizon Kerlaz" lundi dernier, il a beaucoup été question de patrimoine, et de sa mise en valeur, comme celle de la commune, notamment vis à vis du tourisme. Ainsi les deux anciens candidats, l'adjointe sortante, et le vétéran candidat non élu ont insisté sur la fontaine Saint-Germain, qui n'était pas accessible et non signalée, affirmant qu'il faudrait donc installer des panneaux pour que les visiteurs sachent la trouver. Une fois de plus ils font preuve d'une grande ingénuité, ou d'un culot phénoménal, ou d'une mémoire très défaillante, peut-être des trois.
La signalétique de la fontaine Saint-Germain avait fait l'objet d'attention de leurs candidats collègues il y a six ans. Un article de leur blog de campagne Vivre à Kerlaz mettait en évidence la signalisation existante en contradiction avec l'enfouissement de la fontaine sous les broussailles et son invisibilité, et avait suscité huit commentaires. Rappelons donc au passage qu'internet avait déjà, pour la première fois, été mis en pratique il y a six ans, et qu'ils n'inventent pas l'eau chaude en vantant les mérites du futur site internet, en gestation depuis (promesse de la campagne de l'époque).
Les panneaux indicateurs de la fontaine sont toujours en place, comme la plaque "rue de la fontaine Saint-Germain". Mieux, les abords de la fontaine ont été débroussaillés et aménagés comme promesse en avait été faite alors. C'est étonnant que l'adjointe ne s'en soit pas rendu compte, surtout que c'est peut être le seul engagement qui ait été tenu par ce conseil sortant ! Le comble, c'est de clamer à tout va que la nouvelle équipe travaille depuis six mois et a battu la campagne en long en large, sans doute sans jamais passer par le bourg. Si seulement on avait mis la fontaine dans la cour de l'école...

2014


Prenez-en de la graine

Pour décrisper un peu l'atmosphère locale, voici un exemple de campagne électorale.
Toute ressemblance avec des personnes connues ne peut être que pure coïncidence.





Extrait d'une série dont une période passe ces temps-ci sur la chaîne ARTE à 20 h 45, inspirée de la BD de Jul, en vente dans les bonnes librairies et disponible en bibliothèque.





mercredi 19 mars 2014

Homélie mélo

 Lundi 10 mars au soir : réunion publique organisée par les candidats de la liste Horizon Kerlaz.
Saluons sans réserve cette initiative, apparemment la seule du genre de toute la campagne, du moins avant le premier tour. Les tenants des deux autres listes qui promettent pourtant "concertations publiques", "site internet", "transparence", considèrent sans doute que les généralités sur  projets suffisent à une adhésion spontanée et massive des électeurs, ou comptent t-ils sur la célébrité et le prestige de leurs candidats ? Peut-être, et à cause de cela ils n'ont pu trouver sur la commune une salle d'assez grande capacité pour recevoir tous leurs fans.

Ce lundi, la salle communale semblait grande au regard de l'assistance trop peu nombreuse et on ne peut que le déplorer.
La tête de liste, dans la logique de leur configuration, a entamé la présentation des candidats par sa personne. L'énoncé d'état-civil et le parcours professionnel annoncèrent déjà la couleur : Tout sur l'École. Mon Bilan, c'est l'École : s'attribuer le mérite de la création d'un demi-poste d'enseignant, et l'augmentation substantielle du nombre d'élèves (dont on ne peut que se réjouir) est pour le moins gonflé, comme si les familles avec enfants nouvellement installés à Kerlaz étaient venus à l'instigation de Madame le quatrième adjoint (au tableau officiel, mais le premier en efficacité !). Pour le reste du bilan : néant, on se retranche derrière une inefficacité des autres conseillers. C'est un peu facile et pas très glorieux, un conseil municipal c'est un ensemble où chacun a non seulement le droit mais le devoir de s'investir un minimum, au moins dans l'étude de tous les points de l'ordre du jour des séances, sans se retrancher derrière un argument de spécialité. En cas de déficience ou d'erreurs manifestes de certains conseillers, cela aurait dû entraîner des réactions. Or on a bien vu pendant presque toute la mandature le consentement général et ce ne sont pas les chamailleries des dernières séances qui viennent le contredire. Ces escarmouches n'ont été que banderilles, prétexte à présenter une façade revendicative, dans la perspective d'accès à la fonction suprême bientôt à pourvoir.
Il est amusant de constater, si ce n'était assez dommage pour la vie démocratique, que les deux adjointes qui se présentent "têtes de liste" justifient leur envie par les mêmes arguments : "j'avais envie de poursuivre, d'aller plus loin" (?). Curieusement, les deux se déclarent après l'annonce du maire et la mettent en avant. Elles auraient donc repris volontiers du service sous la même bannière sans cette défection ? Bizarre. Dès lors pourquoi cette précipitation à s'annoncer "tête de liste" (sans liste, on recrute après les petits soldats) ? L'équipe en place qui poursuit les mêmes objectifs ne pouvait s'accorder pour présenter une liste ? C'est bien la place de maire qui est convoitée, tout autre argument n'est que voile. CQFD.

C'est dommage pour les autres candidats qui se décrédibilisent quelque peu en suivant, tous derrière, cette politique de liste, d'autant plus qu'ils prônent un vote de liste entière, ce qui peut les priver tous de voix, soit par la confusion induite, soit par rejet du maire virtuel par eux désigné.
Une partie des candidats s'est vue attribuer le soin de la présentation du programme. On pouvait supposer leur affectation d'adjoint en attente au vu de leur présentation, mais là s'arrête la transparence affichée pour et par leur maire espéré.

Certains ont donc pu convaincre de leur sérieux, et de leur volonté de faire aboutir des projets intéressants. Mais tout présenter comme nouveautés c'est faire fi d'un peu d'histoire qu'auraient dû leur inculquer les deux candidats d'il y a six ans, par exemple, projets que n'a pas cherché à concrétiser l'élu, leur chef de file, s'abritant un peu facilement derrière l'inertie des autres. Il est vrai que dans la cour de récré de l'école on entend souvent "c'est pas moi, c'est l'autre ". Osmose, conséquence d'une trop grande implication dans la charge.

Bonne chance aux nouvelles bonnes volontés, s'ils s'efforcent de réaliser ce qui est déjà réalisable, en réelle démocratie; pour l'utopie, il sera toujours temps ensuite.

lundi 17 mars 2014

Le SPANC à Kerlaz : tout à l'ego

L'assainissement collectif à Kerlaz a fait l'objet de controverses animées lors de la mandature précédente, et figure encore de temps en temps à l'ordre du jour des conseils municipaux.
L'assainissement individuel , (SPANC = service public d'assainissement non collectif) s'il fait peu de vagues mériterait aussi un peu d'attention, nous aurons l'occasion d'y revenir.
La conduite des affaires publiques aurait elle aussi grand besoin d'assainissement, les pollutions individuelles conduisant à la pollution du collectif. Ainsi les intérêts personnels, de "prestige" et/ou plus prosaïquement matériels ont prévalu à la nomination du maire et des adjoints qui semblaient y trouver leur compte à l'issue de leur installation. Ils ne sont pas les seuls coupables, ne serait-ce que parce que les autres de la bande les ont adoubés et sont donc complices dès le départ, mais alors que ces derniers auraient pu à la rigueur plaider un manque de visibilité à ce moment, ils n'avaient aucune excuse pour entériner, la plupart du temps sans s'y intéresser vraiment, les propositions présentées en conseil. Durant cette période, ils ont donc joué collectif, mais dans les sens où l'emploie en sport, c'est à dire pour leur équipe et non pour la collectivité, ce qui donne le vrai sens de collectif dans le cas des affaires municipales.
On voit bien d'ailleurs, depuis la proximité de l'échéance des élections, combien l'égocentrisme prévaut sur l'intérêt collectif, dans cette course précipitée à se déclarer "tête de liste" pour trois compères qui s'entendaient si bien qu'ils ne sont même pas dissidents : ils proposent tous trois la même chose. Ce qui motive cette mise en avant n'est donc bien que la mise valeur de leur propre personne et/ou de leurs intérêts privés.
Vivement le Service Public d'Assainissement des affaires Communales.

dimanche 16 mars 2014

J'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien...

Nous avons relevé dans le programme des candidats de la liste "Horizon Kerlaz" un projet particulièrement intéressant, au chapitre "Développer les services", paragraphe "Développer des activités pour tous" : la mise en place d'un atelier mémoire destiné aux seniors. Nous ne savons pas qui entre dans la catégorie "seniors", mais ils sont peu nombreux sans doute car "Kerlaz est une commune jeune et dynamique" selon la page de présentation sur le site de la Communauté de communes.
Quoi qu'il en soit, c'est une très bonne idée, mais elle vient un peu tard, car les trois "têtes de liste" candidats pour mener le futur conseil municipal n'auront guère le temps d'en ressentir les bienfaits. Aussi nous proposons un exercice-test de mise à niveau très simple : essayer de se rappeler les déclarations et promesses électorales qu'ils ont faites il y a six ans. Il faut reconnaître que ce n'est pas facile, après six années de conseils municipaux qui n'ont pas grand chose à voir.
Pour aider un peu, voici un extrait :



http://www.douarnenez-communaute.fr/la-collectivite/territoire/kerlaz.html

mercredi 12 mars 2014

Élections 2014 : une liste ouverte à Kerlaz

Garçon, un panaché, s'il vous plaît !


La dernière liste de candidats à Kerlaz pour les prochaines élections municipales vient de paraître dans la presse locale. Claironnée dès mi-décembre pour une publication en janvier, il aura fallu attendre la clôture officielle des inscriptions pour en savoir davantage. Au moins la presse locale n'aura t-elle pas lésiné (trois articles en trois jours) pour faire connaître et apprécier "Agir et vivre ensemble à Kerlaz". Le Télégramme donne d'ailleurs toute la mesure de "vivre ensemble", car après l'énoncé des candidats, suit en conclusion : "Enfin, à Kerlaz, ville (sic) de moins de 1 000 habitants le panachage est autorisé."
Qu'est-ce à dire ? Une invitation à gouverner ensemble pour vivre ensemble, c'est on ne peut plus démocratique et généreux. À première vue certes, mais pas pour tout le monde. En effet, la liste suscitée comporte quinze candidats, tous acquis on le suppose à la "tête de liste" et son programme. Mais si le programme invite au panachage, donc à l'élection de candidats de l'une ou l'autre des listes adverses, cela invite implicitement à la mise à l'écart de candidats de la présente liste. On aimerait savoir lesquels sont prêts à céder la place, car autant ne pas leur accorder nos suffrages, cela nuirait à la construction de "l'ensemble" cher au chef de projet.
Il existe une seconde interprétation : cette incitation à panacher signifierait que l'électeur ne doit pas craindre de glisser quelques candidats de "Agir et vivre ensemble à Kerlaz" à la place de candidats de l'une ou l'autre liste qui risquerait sinon d'emporter tous les suffrages ? En ce cas cela signifierait un manque de confiance évident dans le projet ou les collaborateurs inscrits pour "Agir, etc".
Autre hypothèse ?


L'HARMONIE MUNICIPALE DE KERLAZ DISSOUTE



Voilà cinq ans s'est mis en place un bel ensemble harmonique sous la houlette d'un nouveau chef à la baguette novice. L'attaque du répertoire a démarré dans la douceur, des répétitions à huis clos entre les instrumentistes clés, et des concertinos joués andante et mezza voce devant un public en attente d'une interprétation autrement forte. Le compositeur-arrangeur à la gauche du maestro tenait une baguette virtuelle mais non moins décisive pour surmonter les hésitations fébriles, tout en jouant du synthétiseur. On entendait peu les bois, les cuivres se retenaient, la sourdine était de mise aux trompettes, le cornet à piston gardait bien la main sur le piston mais ne soufflait guère dans le cornet, et les percussions n'avaient de percutant que le nom. Au fil du temps, le chef a pris de l'assurance, quelques solistes sont venus à l'avant-scène, et les concerts se sont succédé bon an mal an sans que les échos de la Marseillaise ne troublent les populations.
Mais les artistes n'ont pas forcément goût et dispositions pour le jeu collectif, et quelques canards sont venus progressivement altérer le bel ensemble. S'estimant sans doute brimés dans leur créativité, plusieurs instrumentistes ont boudé les représentations après avoir joué les premiers solos, au point qu'il a fallu annuler plusieurs concerts l'an passé, faute d'un nombre suffisant de participants. Fin de la belle Harmonie, dont le contrat arrive heureusement à terme. À la prochaine échéance, trois prétendants à la baguette se présentent pour créer chacun une nouvelle Harmonie. Le plus étonnant, c'est que chacun des solistes affirme sans rire qu'il n'y a point de dissension entre ces joueurs de flûtiau.
Pourquoi dès lors vouloir trois formations ?
On attend impatiemment qu'ils nous présentent leur répertoire et leur interprétation.