mardi 3 février 2009

Promotion fauteuil


Vous connaissez certainement dans votre environnement des “promotions canapé”.
Au dernier conseil municipal, nous avons découvert la promotion fauteuil, en cascade.

Premier promu : le maire. Sans doute imprégné de l’ascension foudroyante de son cher voisin, et de l’élection du sucesseur de celui-ci au fauteuil vacant, notre premier magistrat mardi dernier à 20 h 40 en mairie s’est senti en élévation : “Je déclare la séance du conseil général ouverte”. Tout le monde peut se tromper, mais il est des lapsus révélateurs qui laissent songeurs.

Deuxième promu, un “proche collaborateur élu” du maire, sans doute ému des remerciements ciblés adressés l’autre dimanche à ces privilégiés, a tenu à en démontrer tout le mérite. Ainsi l’on a pu voir avant l’ouverture officielle du conseil, Mâme le quatrième adjoint au siège de la secrétaire de mairie, s’affairant à l’ordinateur de ladite secrétaire, on ne sait pas bien pour quel usage de l’outil et des informations emmagasinées. Le siège, s’il ne vaut pas fauteuil d’élu semblait tout de même une assise confortable, du moins jusqu’à l’entrée contrariante de quelques citoyens venus assister au conseil.
Ce modeste mais stratégique siège n'était qu'un tremplin, on l’a compris plus tard.
Pendant la séquence traitant de la modification du POS, une dame du public, d’un certain âge, directement concernée, avait un peu de mal à saisir les subtilités du déroulement des “débats”, par manque d’habitude à la fois de la pratique législative et d’une réception auditive d’un niveau de confessional. Aussi tenta-t-elle deux fois d’interroger le conseil, malgré les recommandations des proches voisins de l’assistance. Monsieur le maire lui intima de ne pas intervenir. Le quatrième adjoint suggéra alors de faire évacuer la salle ! Nous aurions donc maintenant un préfet de police à Kerlaz, comme à Paris, et, qui sait, bientôt ministre de l’Intérieur ? MAM n’a qu’à bien se tenir... Double promo pour notre “proche collaborateur élu”. Ce n’est pas tout.
Dans les questions diverses, notre nouvelle promue lut une lettre revendicative d’un collectif d’associations périscolaires d’utilité publique, se plaignant de la réduction annoncée de 25 % de leurs subventions, ce qui les met dans une situation critique, et proposent au conseil d’adopter un texte de motion de protestation. Notre édile, après sa lecture du texte de motion proposé, du domaine de Sa Compétence, s’impatiente et interpelle le conseil : “alors, vous votez le texte ?” Triple promotion pour notre “proche collaborateur élu”, qui devient maire, car c’est bien le maire qui dirige le conseil et qui soumet aux votes. Flottement chez les conseillers pris de court, puis intervention du maire (et du second adjoint : l’autorité est décidément très revendiquée) pour décréter le report au prochain conseil du vote en question. Heureusement, car finalement la promue émue avait omis de lire la deuxième version du texte proposé qui en offrait deux, de versions.