mercredi 13 août 2008

Pourquoi tuer l'ours ?

On se souvient qu’en cet automne 2004 la nouvelle avait fait grand bruit : un chasseur, se sentant menacé, avait fait feu à bout portant sur Cannelle, ourse des Pyrénées, et l’animal ne s’en était pas remis. S’agissant d’une espèce protégée, le tueur se retrouva au tribunal. Plaidant la légitime défense, il fut relaxé en 2008, après quelques péripéties judiciaires médiatiques.

Beaucoup plus discrètement, un autre chasseur, non identifié, a dû abattre aussi son ours à Kerlaz. Nous devinons votre étonnement : un ours à Kerlaz ? Mais oui. Si les vertes et feuillues étendues locales n’ont pas fait l’objet de campagne de repeuplement comme dans les Pyrénées, nous avions tout de même encore il y a peu notre ours, et d’une espèce protégée tout à fait légalement. Certes, il était tout petit, l’ourson du Petit Kerlazien. Il n’en comportait pas moins le minimum réglementaire : l’indication du responsable de la publication, et aussi sans entrer dans le détail, de la rédaction. Timide, ce vertueux tout petit avait néammoins toute notre affection.
Las ! Depuis le printemps, plus trace de l’ourson. On craint le pire; quelque chasseur se sera-t-il trouvé nez à nez avec l’animal, et dans un fantasme subconscient de trophée l’aura imaginé bien plus grand qu’en réalité, se sentant dès lors menacé et abattant le plantigrade ? Pourtant quelle menace craindre d’un être si inoffensif ...
Ours y est-tu ?
Mais pour l’instant le mystère demeure, aucun cadavre ni autre indice n’étant venu confirmer ou infirmer l’hypothèse.
Peut-être bientôt reverrons-nous notre cher ourson, et qu’alors c’est avec la plus grande satisfaction que nous verrons qu’il a grandi.

mardi 12 août 2008

L'appel du clocher


C’est l’été ! Ceux qui ont le privilège de recevoir Le Petit Kerlazien dans leur boîte à lettres ont pu s’en rendre compte, car il invite clairement à se mettre au vert, et prendre le soleil.
Prendre le soleil, l’exemple nous vient du conseil municipal qui dans sa photo officielle nous apparaît tout bronzé, quasi tanné par les énergisants rayons qui ne profitent pas qu’à primevère et bouton d’or éclatants.
Mais si le bel habit neuf du Petit Kerlazien est tout de vert paré, ce n’est vraisemblablement pas seulement, on l’imagine, parce que la période estivale invite à se mettre au vert. Sans doute cette verte parure évoque symboliquement la tendre verdeur des jeunes pousses, tout en évoquant dans ce message subliminal la station verte, invite aux citoyens et visiteurs épris de nature et d’écologie, tandis que le titre habillé en gwen ha du sympatise avec les fervents d’authentique bretonnitude. Finement joué, bravo !
L’image du bandeau nous paraît moins évidente. Certes on comprend bien, après les fontaines des éditions de printemps, que le premier retour de l’église en tête du numéro de juin annonce le clocher de la nouvelle mouture, cette fois en gros plan. C’est donc le coeur du message. Mais alors que la contre-plongée nous guide dans les hauteurs célestes, pourquoi diable sommes-nous coupés dans notre élan et privés du sommet ? L’important tient donc dans cette partie médiane et tronquée du clocher, ajourée pour favoriser le mouvement et la propagation des sons de l’organe émetteur, tout bronzé lui aussi, appelant les fidèles.
Cette fois c’est clair : l’angélus nouveau est arrivé !

lundi 4 août 2008

Vendredi presque ordinaire

Conseil municipal convoqué le 18 juillet à 20 h 30. Ouverture de la séance à 20 h 40.
Huit conseillers présents. Ouf ! Le quorum est atteint de justesse. Il faut dire que l’ordre du jour n’était guère alléchant au regard des sollicitations estivales et festives toutes proches, et sans la proximité d’un stage à autoriser pour un attaché territorial, les résolutions à prendre n’imposaient pas l’urgence.
Le premier point de l’ordre du jour était l’institution d’un droit de préemption en zones urbanisables. Monsieur le maire présente la proposition comme une incitation faite aux propriétaires à vendre plus rapidement leurs terrains et rentabiliser la station d’épuration. Suit une discussion assez peu probante quant à l’efficacité de la mesure, notamment en raison de l’impossibilité d’intervention sur le prix des transactions, ce qu’a eu bien du mal à assimiler Madame le quatrième adjoint qui en fin de débat a relancé l’interrogation sur la fixation du prix de cession. On reste perplexe devant cette réaction d’élu plein de compétence et tout proche du maire qui pose une question à laquelle celui-ci a déjà répondu par deux fois, et devant l’étonnement des conseillers ne trouve autre argument que “c’était juste une question”. Cela nous rappelle le regretté Coluche dans son sketch parodique d’un jeu radiophonique. A la suite d’une question indice farfelue, l’animateur demandait au candidat “ à quoi pensez-vous, Monsieur ?” et celui-ci de répondre : “à rien, c’était pour faire avancer le smilblik”. Coluche était un artiste.
Notons également l’intense investissement de Monsieur le maire dans sa tâche, au point d’user naturellement du “je” pour évoquer la commune (“j’achète un terrain” par exemple), dont il est certes le représentant légal, mais dont il n’est jamais que mandataire.
Cette résolution est adoptée par défaut.
Les trois points suivants, peu motivants sont adoptés sans non plus de difficulté.
Le cinquième point portait sur l’adoption de la Charte de gestion des espaces côtiers, élaborée et proposée par le Conseil régional.
Après présentation par Monsieur le maire, la discussion s’étend au Conservatoire du littoral, à l’action du Conseil général et au Parc marin d’Iroise. Madame le deuxième adjoint appelle à la méfiance, pour avoir étudié le projet de ce parc dont la rédaction serait trompeuse, et conteste, dit-elle, non le fond mais la forme, mais avoue à un conseiller qui demande précision n’avoir pas tout lu, et de toute façon “il n’y a rien dedans”. Monsieur le maire conseille de ne pas s’engager et attendre pour voir...
Finalement, le conseil émet un vote favorable, à l’unanimité des suffrages exprimés et pour cette fois réellement exprimés. Il était intéressant de remarquer que compte tenu du grand nombre d’absents (le maximum), la répartition inattendue (aléatoire ?) des procurations a conduit à un résultat possiblement différend de celui du vote par les mandants eux-mêmes.
Le conseil a pris fin à 21 heures 30.