mercredi 30 avril 2014

Le changement, c'est pour quand ?


D'après Silex and the City

Le Festival du mot de La Charité-sur-Loire qui fête sa dixième édition cette année, propose à tout un chacun de voter pour désigner le mot de l'année, parmi une liste de 13 mots, dont : abstention, crispation, impatience, matraquage, sanction, connecté, etc. Transparence a été choisi en 2013 par le jury. Nous l'avons depuis souvent entendu au cours de la campagne des élections municipales et même après, un peu partout et  beaucoup à Kerlaz, au point de l'illustrer par un affichage des notes de courses du ménage. Alain Rey, directeur éditorial des éditions Le Robert (le dictionnaire de référence) qui préside le jury, commentait ainsi l'an passé le mot choisi : "la TRANSPARENCE est passive; laisser transparaître est encore plus faible que laisser paraître et n’a presque rien à voir avec montrer ni avec éclairer ou clarifier".
À part cette surprenante décoration en vitrophanie de la salle du conseil, "accéder à l'information locale et municipale" semble bien difficile à mettre en œuvre. Le spin doctor doit manquer de vitamines. Notons au passage qu'il nous est promis de pouvoir accéder à l'information, et non de nous transmettre l'information, ce qui aurait montré la volonté d'aller vers les citoyens, plutôt que d'en attendre l'inverse.
Il n'est pas simple d'ouvrir un site internet en très peu de temps pour peu qu'on le souhaite efficace, pratique, interactif et pérenne, et nous attendrons encore ce qui semblait un objectif prioritaire de nos élus, partagé par leurs confrères candidats. Nous avons attendu six ans, nous patienterons bien quelques semaines de plus.
Par contre, l'organe municipal de communication écrite aurait pu refaire surface. Cette carence ne peut résulter d'un manque de budget. Alors, quoi ? Le Petit Prince de Saint-Exupéry* peine à dessiner son mouton ? Il ne faut pas si longtemps pour composer et éditer les quatre pages du format habituel du Petit Kerlazien. Un premier numéro de mandature est vite couvert par le compte rendu des deux premiers conseils municipaux. Point besoin de littérature ni de fantaisies, et la population peut très bien comprendre la primauté de l'information sur la forme, car si le retard tient à la refonte de notre gazette, cela signifie que l'information passe au second plan, contrairement à l'objectif et à ce qu'attend le lecteur. Il serait toujours temps de fignoler la forme pour les prochaines parutions.
La carence de la communication du précédent conseil municipal tenait, selon l'adjointe en campagne devenue maire depuis, à la carence du vice-président de la commission ad hoc de l'époque, un vrai spécialiste pourtant. N'accablons pas celui qui a cette même responsabilité dans l'équipe actuelle, spécialiste lui aussi. Observons qu'il contribue à pas moins de cinq commissions, dont deux qu'il a en charge, plus quatre délégations diverses, et hors conseil est engagé dans la vie associative et salarié à temps plein. Est-ce bien raisonnable, dans la mesure où la candidate-maire nous a promis que cela ne se passerait pas comme avant, et qu'elle mettrait toute son autorité que l'on sait grande à veiller à ce que les commissions fonctionnent ?
Sans un peu de bon sens et de réalisme, la machine s'emballe mais tourne à vide.

(*) référence du/au conseil du 6 avril




    

samedi 19 avril 2014

Un nouveau marronnier


Voici que pousse un nouveau marronnier à Kerlaz. Une espèce à croissance lente qui fleurit et fructifie tous les six ans seulement, et il n'est qu'à son deuxième cycle de production qui nous arrive fin mars début avril. Il a pris naissance près de l'église et du cimetière, mais ne prétend pas concurrencer les ifs ou autres vénérables cèdres que l'on rencontre parfois sur des sites analogues anciens.
Le marronnier qui nous préoccupe n'est pas le châtaignier des chevaux, mais l'espèce chère aux journalistes, un événement qui se reproduit à intervalles réguliers, sans grande importance souvent, et qui permet de meubler lorsque l'actualité n'incite pas à la copie. Parmi les marronniers classiques, citons la rentée des classes, les soldes, les régimes d'avant l'été, etc. Alors, le nôtre ?
Nous y voilà. Rappelez-vous, il y a six ans, au lendemain des élections municipales, les bénévoles de la bibliothèque démissionnaient en bloc, imposant la fermeture de facto, et il fallut aux nouveaux élus user de leurs affectueuses relations pour faire repartir la machine plus d'un mois plus tard.

La révolte des bonnets rouges d'âne

Il y a peu la presse locale présentait une bibliothèque florissante, informatisée comme il faut, et offrant les derniers prix littéraires. Quelle surprise d'apprendre la semaine passée la démission des bénévoles ! Cette fois au moins, ils assurent la continuité en attendant la relève, c'est plus honorable. D'ailleurs à y voir de plus près, la moitié seulement (si on peut dire) démissionne. Mais drôle de coïncidence tout de même cette concordance répétée de démission et de l'élection municipale, car la presse précise bien "dès le lendemain des municipales", puis "au début, nous avons étés déçus". Au début de quoi ? Plusieurs hypothèses sont permises.
La bibliothèque semblait un enjeu d'importance pour le conseil municipal. Attendons de voir comment les nouveaux élus aborderont le sujet.
Notre marronnier va t-il refleurir au printemps 2020 ?

À lire :

vendredi 18 avril 2014

La démocratie est en marche ?

Les paparazzi à l'œuvre récemment "dans le bourg", d'après Ernst

Deuxième conseil, d'installation également puisque consacré à la composition des commissions municipales et délégations diverses, ainsi qu'aux indemnités du maire et des adjoints. Pas d'affaires diverses comme annoncé dans la presse locale, enfin la moitié de la presse qui s'intéresse à Kerlaz, car point de correspondant du Télégramme au conseil. Sans doute ne lisant que l'organe de son employeur il aura manqué lui-même l'information. Gageons que nous aurons droit tout-de même à un compte-rendu, car depuis plusieurs mandatures déjà, le correspondant du dit journal se contentait presque toujours de "ramasser les copies", c'est à dire prendre le compte-rendu établi par le secrétariat de mairie, lequel compte rendu ne méritait pas son nom, car établi avant le conseil il comportait déjà le résultat des délibérations et non seulement les propositions.
Maigre public à ce conseil, comme si la grande majorité de la population, dont des conseillers sortants qui avaient pourtant promis d'y assister, ne lisaient que Le Télégramme, ce en quoi ils auraient tort.
D'emblée, on a pu sentir des différences positives. Le mode confessionnal a été abandonné et la volonté de conseil public affichée, ce qui est un bon point conforme au programme. Si le résumé a été remis au correspondant de presse, au moins il ne comportait pas les résultats. Il est vrai que pour un tel ordre du jour, c'eût été un peu délicat, un accident étant vite arrivé même si les jeux étaient faits.
Dès 20 h 30 débute le conseil auquel participent 14 conseillers sur quinze élus. Le maire annone un élu "excusé" sans autre précision. "Excusé" est un doux euphémisme pour cacher ce qui semble une épine dans le consensus des élus majoritaires. Un élu est absent ou présent, point. Il peut y avoir des circonstances personnelles qui justifient l'absence, mais l'excuse, si on peut l'entendre, n'est qu'une notion morale à admettre en second lieu. Il se trouve que l'élu absent n'est autre que Madame Nadine Augras, qui s'était présentée à la candidature d'adjoint aux finances et qui n'avait recueilli qu'une seule voix. Il se trouve aussi qu'elle n'a pas donné procuration à quiconque pour ce conseil, fait pour le moins surprenant dans une équipe supposée unie, que ces coïncidences induisent à mettre en doute, et surtout à s'interroger sur le motif de ce pas de côté.
L'élection des vice-présidents et des membres des différentes commissions ainsi que des délégués à diverses instances s'est déroulée sans suspense bien sûr, avec quelques flottements sur certaines modalités pratiques de vote. Mais pourquoi diable s'entêter à faire une litanie de scrutins secrets quand ce n'est pas obligatoire, que de surcroît il y a un seul candidat et une belle unanimité connue d'avance ? C'est d'autant plus étonnant que les commissions municipales (hormis l'appel d'offres pour laquelle le scrutin secret est obligatoire) ont fait l'objet de votes à main levée.
Profitons de l'occasion pour encourager le vote à main levée qui prend tout son sens, où l'on commence par voter pour en levant la main, au lieu de la parodie de la période précédente, où l'on appelait d'abord à (ne pas) voter contre pour déclarer ensuite, parce que que les mains n'avaient pas quitté la table, que l'on avait voté pour, alors qu'en réalité personne n'avait voté. Cela paraîtra futile à certains traditionalistes, mais sur le fond et dans l'état d'esprit cela est radicalement différend.
Il reste encore quelques efforts de pédagogie à accomplir. Si la plupart des commissions et délégations ont été décrites avant vote, ce dont on se félicite, les syndicats intercommunaux n'ont pas eu la précision de leur extension géographique, car une instance intercommunale peut se limiter à quelques commune à l'échelle d'un canton par exemple, ou davantage, à l'échelon départemental, ou autre combinaison. Les conseillers électeurs n'ont pas posé la question. Peut-être avaient-ils la précision sur leur documents, mais le conseil est public.
Enfin, nous avons eu droit à un gros mensonge pour clore l'ordre du jour. Après lecture des références permettant de déterminer le montant des indemnités allouées au maire et aux adjoints et annoncé le plafond global mensuel pour l'ensemble des bénéficiaires, le maire a soumis au vote les montants des deux catégories en ajoutant, par deux fois, "c'est le montant fixé par la loi". Or il s'agit bien du maximum fixé par la loi, qui ne l'impose pas, laissant à chaque conseil la possibilité de ne pas consommer cette enveloppe dans sa totalité s'il souhaite se montrer moins gourmand. Le conseil a parfaitement le droit de s'octroyer le maximum, mais pourquoi se cacher derrière un mensonge, fût-il par omission ?
Le vote de ces indemnités a fait l'objet d'une abstention, celle d'un conseiller de la minorité, qui avait justement interrogé le maire sur les montants et sur leur antériorité, ainsi que sur l'antériorité du nombre des adjoints. Le maire s'est bien empressé de confirmer que c'était déjà comme cela avant, que l'on n'avait rien changé. Oui, les six dernières années, mais précédemment il n'y avait que trois adjoints.
Allô, pourquoi tu tousses ?

mercredi 16 avril 2014

Quelle information pour quel public ?


Ouest-France, dans son édition de mardi, a annoncé la tenue du conseil municipal pour le lendemain (aujourd'hui), même en deux exemplaires dont une version allégée pour ceux qui suivent régime. On ne se plaindra certainement pas de cette double information, sans doute due à la convergence de deux sources et à l'organisation de la fabrication du journal en amont de l'impression.
On peut déplorer malgré tout un délai aussi court pour une information de cette importance. À cette remarque déjà faite en mairie les années passées, la secrétaire oppose le délai minimum légal. C'est un peu facile, il faut savoir si l'on souhaite réellement que l'information passe, ou si l'on souhaite secrètement qu'elle passe inaperçue.
D'ailleurs elle passe forcément inaperçue pour les lecteurs du Télégramme, car cette annonce n'est pas parue. Peut-être demain, lendemain du conseil ? Nous ne pouvons imaginer que les deux quotidiens n'aient reçu l'information simultanément, alors comment expliquer ce manque ? Il est peu probable que deux élus se soient répartis la tâche et que l'un d'eux se soit trompé de destinataire, faisant de la sorte converger les deux sources vers un seul diffuseur. Plus vraisemblablement, comme à l'habitude, le secrétariat de la maire a transmis l'information aux deux rédactions, et Le Télégramme n'en a pas tenu compte.
On voit par là le danger de se retrancher derrière un minimum légal pour toute démarche qui s'adresse aux citoyens. Avec un délai plus raisonnable, car on ne peut croire que des élus organisés comme ils le sont décident d'un conseil à la dernière minute, on évite les éventuels accidents de publication (si tel est le cas présent), mais on montre aussi sa volonté ou pas d'information de la population, sa volonté de l'associer aux travaux effectués en son nom, du moins en les rendant publics, c'est à dire en en facilitant la publication.

lundi 14 avril 2014

Vie privée, vie publique. La liste des courses ou la liste des commissions ?


Les nouveaux élus majoritaires nous ont annoncé leur intention de "mettre en place un marché hebdomadaire, le plus rapidement possible". Louable intention. Est-ce en guise d'appeau que nous avons eu un grand déballage à la mairie l'autre dimanche ?
Premier déballage : la liste des courses. Le maire élu, rappelé à leur ordre du jour programmé par son premier adjoint, a annoncé fièrement la publication des comptes de campagne, "en toute transparence" (sic), affichés en mairie, sur la vitre de la salle du conseil. Mais si ces notes de frais divers sont sans intérêt pour le citoyen, elles sont surtout du domaine privé, et par conséquent n'ont pas à faire l'objet d'un affichage en mairie. Les remboursements éventuels des dépenses de campagne ne s'appliquent pas aux communes de moins de 9 000 habitants. On assiste donc une fois de plus à de la  poudre aux yeux dans un effet de grandiloquence. Plutôt que cette liste de courses, on préférerait la liste des commissions dont l'annonce du conseil en charge de les constituer tarde à venir, surtout pour des conseillers qui travaillent depuis longtemps à leur programme qu'ils sont pressés de mettre en œuvre, selon leur affirmation.
Autre anomalie sous couvert de la Grande Transparence : le maire invitait la population au pot de l'amitié à l'issue du conseil municipal. Cela aurait pu être une initiative sympathique, l'élection d'un nouveau conseil municipal est un événement peu fréquent et suffisamment important pour que ce soit l'occasion offerte aux administrés d'en faire la connaissance en toute convivialité. Le problème, car il y en a un, est que le maire a annoncé fièrement que ce pot n'était pas offert par la commune, mais par elle-même sur ses propres deniers. Nous sommes donc dans la situation d'un maire qui offre un pot privé dans l'enceinte même de la mairie, ce qui n'a plus rien à voir.
Si l'on se rappelle les autres entorses déjà citées, cela ne fait pas moins de quatre infractions à la loi en un seul et premier conseil. Belle performance !
Souhaitons que des conseillers raisonnables sauront modérer les élans d'apparat et autres effets de manches (si,si) au profit d'une vraie transparence : que la vie publique soit publique dans les deux sens du terme : le contraire de privée, et accessible au public.

samedi 12 avril 2014

Revue de presse

La presse locale a rendu compte du premier conseil municipal et de l'élection du maire et des adjoints, mais les deux correspondants n'en donnent pas la même version, ce qui se conçoit s'agissant de commentaires, mais pas dans la relation des faits.
Ainsi dans Le Télégramme de lundi nous pouvions lire "les quinze membres du nouveau conseil ont élu Florence Crom, (...) Jean-Jacques Gourtay, etc.". Or il y avait deux bulletins blancs pour chacun de ces deux votes, ce qu'a bien précisé d'Ouest-France. C'est curieux cette persistance du quotidien dont la première adjointe au maire fut pigiste ces dernières années à continuer la promotion de cette équipe, amorcée dès la fin de l'automne.
Rien sur le sort réservé aux élus de la liste adverse qu'a pourtant évoqué le maire.
Remarquons aussi que sur la photo, rien ne distingue le maire de sa première adjointe (qui rappelons-le n'aurait pas dû porter l'écharpe tricolore), les glands d'or et d'argent dont le maire nous avait fait leçon pour bien discerner les grades ayant disparu (mais bien visibles dans l'autre quotidien). Heureusement, sous l'image il y a la légende pour situer les personnages.
La légende, voilà qui plaît aux fidèles, la légende et l'image ne sont-elles pas hélas le fondement de ce résultat ?
La légende continue, dans l'article interview du maire paru le 9 avril où l'interviewée ressasse sa litanie sur l'école et le retour de l'enfant prodigue à la ville natale. Que n'est-elle allée offrir ses vertus aux Châteaulinois qui l'auraient certainement acclamée; c'eût été un autre prestige, maire du chef-lieu d'arrondissement, sous-préfecture de surcroît, mais il est vrai troisième femme maire de la ville, ce qui n'autorise pas le titre de pionnier de la cause des femmes, tandis qu'à Kerlaz...
Dans le même article, une touche de vérité inconsciente : "Je suis portée par l'enthousiasme d'une nouvelle équipe". C'est bien cela. L'ex "tête de liste" qui partait la fleur au fusil s'auto-intronisant maire sans avoir de colistiers ou si peu se retrouve effectivement portée là grâce à l'enthousiasme et la crédibilité d'une bonne partie de ses colistiers qui l'ont "aspirée" et sauvée in-extremis.

Pour ceux qui n'ont pu lire l'un ou l'autre :
Le Télégramme du 07 avril
Ouest-France du 7 avril
Ouest-France du 9 avril

Qui éteint les lumières ?

Le projet d'une tour Eiffel ne figurait pas au programme des élus, tant majoritaires que minoritaires, encore que selon Ouest-France du 7 avril, le maire s'est engagé à "tenir compte des remarques constructibles des deux autres conseillers", ce qui nous fait redouter quelque projet pharaonique secret.
En attendant notre arc de triomphe, qui souhaitons-le, ne subira la honte du monument aux morts déplacé sous l'ancienne mandature et relégué "au coin", presque en entrée des sanisettes, et monté à l'envers, nous avons déjà quelques éléments de prestige d'une capitale, une ville-lumière.
Comme à Paris, nous avons enfin notre première femme maire, et si Madame Hidalgo succède à Monsieur Delanoé, Madame Hernandez succède à Noé dans son arche.
Pour nous servir, il ne fallait pas moins de quatre adjoints bien sûr, le maximum autorisé par la loi bridant la nécessité d'une juste récompense des loyaux serviteurs. Et quelles sont leurs attributions ?
Premier adjoint, Florence Crom. Sa nomination à ce poste n'est pas une surprise, ayant partagé, très brièvement, la "tête de liste". Outre le remplacement du maire qui est sa fonction première légitime, ses attributions sont à la hauteur du prestige de la commune, car si le maire actuel était précédemment adjointe "chargée des affaires scolaires et du personnel", le premier adjoint est promu "chargé de l'éducation et des ressources humaines". C'est nettement plus chic, et ça fait ville, grande ville. Remarquons que l'ex-adjointe titulaire de ces attributions, se donnant la posture de premier adjoint antérieurement, devenue maire, destine ces fonctions au premier adjoint en titre. Pour des charges qu'on peut imaginer identiques aux précédentes, l'inflation pompeuse du vocabulaire va à contresens.
L'Éducation. L'éducation n'est pas communale, elle est nationale, ce que devraient savoir les enseignantes à la tête de la commune. Il n'est donc pas légitime d'avoir une adjointe chargée de l'éducation, si ce n'est dans sa propre classe, où elle ne porte pas l'écharpe, même en l'absence du maire. Ce n'est pas parce qu'une grande partie de la campagne des élus en place a porté sur l'école, en entretenant l'ambiguïté du rôle de l'adjoint s'attribuant des mérites virtuels auprès des parents d'élèves manquant de recul, que l'éducation se règle au conseil municipal.
Les ressources humaines. Depuis que les caissières sont des hôtesses d'accueil, les directeurs de personnel sont devenus directeurs de ressources humaines et les borgnes semi-voyants latéralisés. Le directeur du personnel, en l'occurence la directrice, est la secrétaire de mairie dûment qualifiée. En quoi peut donc bien consister cette charge de "ressources humaines" ? Plutôt que de faire dimanche dernier un cours d'histoire locale et de passementerie, il eut été préférable, "en toute transparence" proclamée, d'informer le conseil et le public des fonctions réelles de chacun.
De même en ce qui concerne le deuxième adjoint : urbanisme et environnement. Deux termes à la mode et très chics, mais que comprendre ? l'urbanisme pour le "centre ville" et l'environnement pour la campagne ? Le pape aussi officie urbi et orbi. Notre adjoint devra mettre en valeur la cathédrale Saint-Germain au centre ville, et la fontaine Saint-Germain en banlieue.
L'adjoint aux finances, lui, sait à quoi s'en tenir. Sachant tout de même l'importance des équilibres budgétaires et la subordination de la plupart des projets aux ressources financières, on pourra s'étonner que sa nomination ne vienne qu'en troisième position. Comme cette année la nomination des conseillers communautaires n'est pas une élection séparée mais le résultat du "tableau", c'est-à-dire l'ordre d'élection du maire et des adjoints et conseillers éventuellement, on peut supposer que cette place de troisième signifie le renoncement au poste de conseiller communautaire, ou la préférence accordée à un autre candidat. En toute transparence, la tête de liste n'a pas voulu préciser les intentions du groupe avant les élections. Après non plus. Mis à part ce classement, l'élection de l'adjoint aux finances attire l'attention. Contrairement à toutes les autres élections, deux candidats postulaient, première surprise. Tout n'était donc pas réglé comme nous l'avait clamé la tête de liste ? Deuxième surprise : pas de vote blanc, à la différence des élections précédentes, mais quatorze voix pour Arnaud Metzger contre une seule voix pour Nadine Augras, donc la sienne. La belle unanimité des élus de Horizon Kerlaz se fissurerait-elle déjà, et pour quels motifs ? La Grande Transparence nous le fera savoir bientôt.
Reste le quatrième adjoint : vie sociale. Élu à l'unanimité pour cette tâche, bravo ! Vaste programme, dont nous attendons les composantes. Comment attirer les banlieues au centre ville ?
Que deviennent les élus minoritaires dans tout cela ? Ils semblent prêts à participer, les deux derniers adjoints ont d'ailleurs bénéficié de leurs suffrages.
Reste à savoir quel écho recevra leur collaboration qui n'est pas vraiment envisagée par le maire, celle-ci ayant annoncé qu'elle tiendrait compte de "leurs remarques constructives". Autrement dit, ils devront se contenter de remarques, qui seront éventuellement  prises en considération si leur contenu se résume à "Amen".


jeudi 10 avril 2014

Des chiffres et des lettres. Quelle est la question ?

Le premier conseil municipal d'une mandature est consacré à l'élection du maire et des adjoints. Après élection du maire, le conseil municipal détermine le nombre des adjoints, avant de procéder à leur élection nominative.
Dimanche dernier, au moment de déterminer le nombre d'adjoints, le maire déclare "je propose quatre adjoints, êtes-vous d'accord ? On passe au vote." À cette question on ne peut répondre que "oui" ou "non". Intervient alors la secrétaire, non pas de séance, mais de la mairie, qui guide le vote "Si vous êtes d'accord, vous marquez quatre". Ah bon ? Et si l'on n'est pas d'accord, on fait quoi ?
Que la secrétaire de mairie assiste et apporte ses connaissances juridiques quoi de plus normal, encore que pour une situation qui n'a rien d'imprévisible, cette assistance devrait se faire en amont. Sans doute avait-elle trop confiance dans la grande expérience du nouveau maire (adjointe depuis 2005 si l'on en croit Ouest-France du 09 avril). C'était bien la peine que la présidente de séance nous assène dans le détail tous ces articles de loi en préambule !
Ce vote est donc triplement illégal : la question posée par le maire n'est pas bonne, la réponse est suggérée par la secrétaire de mairie (!!!), et de surcroît à aucun moment la question fondamentale consistant à inviter chacun à proposer un nombre, en connaissance des règles, comme celle du nombre maximum par exemple, n'a été posée. Notons tout de même que deux conseillers ont voté en indiquant le nombre trois, vraisemblablement (le scrutin est supposé secret) les anciens élus d'avant-hier, d'une époque où le conseil ne comptait d'ailleurs que trois adjoints.
Première entorse dès le premier conseil, suivie d'autres (nous avons déjà évoqué celle qui a immédiatement suivi celle-ci). Personne n'a semblé s'en émouvoir sur place, mais il est vrai qu'une entorse à une cheville déjà enflée, cela se remarque moins.

mercredi 9 avril 2014

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les glands sans jamais oser le demander

Acte I, scène 1
De belles paires de glands à la mairie ce dimanche.



Le gland est d'abord le fruit du chêne comme tout un chacun le sait, du moins en milieu rural. Par similitude de forme, c'est aussi un élément d'anatomie, et un élément décoratif que l'on retrouve en passementerie, au maintien des rideaux, sur les chaussures, et aux extrémités de l'écharpe tricolore.
Gland est aussi qualificatif d'une personne en langage populaire.

Or donc, nous avons eu droit à une belle démonstration explicative de l'importance des glands. Madame le maire nouvellement élue, au moment de passer l'écharpe tricolore a tenu à en préciser certains détails : les franges d'or des glands ornant l'écharpe du maire, et la règle du port à savoir la bande bleue près du cou (du col), à l'inverse des parlementaires qui portent la bande rouge près du col. (Un peu de patience, les sénatoriales ne sont pas loin, et inverser l'écharpe est plus facile pour qui sait déjà retourner sa veste).
Après la nomination du premier adjoint, nous avons eu le complément du cours qui nous a bien précisé que les glands de l'écharpe d'adjoint s'ornaient de franges d'argent. Faut pas confondre. Si vous croisez un élu portant écharpe tricolore dans la cité, regardez bien les glands pour ne pas vous méprendre et risquer un crime de lèse-majesté.
Après ces instructions civiques, nos deux élus ceints de leur belle écharpe ont poursuivi l'élection des autres adjoints. Mais point d'écharpe pour les trois suivants, fût-elle à glands d'aluminium ou de plomb. Pourtant rien ne différencie les adjoints dans le port de l'écharpe, et si l'on imagine mal cinq personnages "tricolorisés" au même conseil, il se trouve que le premier adjoint non plus n'aurait pas dû la porter, encore moins pour la photo destinée à la presse.
À vouloir trop en faire pour épater la galerie, on franchit la ligne bleu-blanc-rouge de la République, et on débute le mandat en fautes, au pluriel, car il y en eut d'autres en ce bref premier conseil.

L'article D2122-4 du Code général des collectivités locales, modifié par le décret n° 2000-1250 du 18 décembre 2000, art. 1, précise :
Les adjoints portent l'écharpe tricolore avec glands à franges d'argent dans l'exercice de leurs fonctions d'officier d'état civil et d'officier de police judiciaire, et lorsqu'ils remplacent ou représentent le maire en application des articles L. 2122-17 et L. 2122-18.
Dès lors, le port de l'écharpe en dehors de ces circonstances et notamment dans les cérémonies publiques en présence du maire, ou se déroulant à l'extérieur du territoire de la commune, est totalement exclu.

En savoir plus  :

mardi 8 avril 2014

Fanfreluches et cotillons


Dimanche dernier, à la mairie, on se serait cru à une préparation de défilé de grand couturier et la mairesse, oh ! pardon, Madame le maire, une fois désignée, enfila son écharpe comme une robe haute couture, donnant aux « ignares » présents moult explications sur la façon de la porter, le bleu proche du cou (le rouge proche du cou étant réservé aux députés et aux sénateurs —la prochaine étape ?), insistant lourdement sur les glands dorés dévolus au premier magistrat de la commune.
Afin que l’on fasse bien la distinction, tel Napoléon (qui s’y connaissait en coups d’états) couronnant Joséphine, elle ceint sa première adjointe de l’écharpe qui lui revenait, montrant bien que là les glands n’étaient qu’argentés, ainsi que pour les adjoints suivants qu’elle dédaigna de revêtir de leur attribut.

Et voici le beau gland doré
Puis voilà les glands argentés
Tous derrière, tous derrière
Et voici le beau gland doré
Tous derrière et lui devant.

Mais le petit cheval blanc de Paul Fort était d’une autre trempe !


Le plumitif

vendredi 4 avril 2014

Revue de presse


 Presse nationale à valeur pédagogique locale :

Dessin paru dans Le Canard Enchaîné du 2 avril
De quoi faire méditer un maire sur  les contreparties de voix de soutien, ou comment ne pas s'en tenir à la publicité de l'emballage.


Venons-en à la presse locale. (L'as-tu lu mon Loup ?)
Un lecteur attentif a souhaité attirer l'attention sur un article de la presse locale rendant compte des élections. Examinons nos quotidiens favoris.
Alors qu'il a largement contribué à la promotion de certains candidats "têtes de liste", Le Télégramme a rendu compte plus sobrement du résultat des élections de Kerlaz, mais tout de même en citant trois fois la liste de ou "conduite" par Marie-Thérèse Hernandez, et timidement son nom "Horizon Kerlaz". La discrétion a été poussée au point qu'il fallait être lecteur attentif pour trouver une information concernant Kerlaz dans la rubrique Douarnenez, bien cachée en fond de texte : l'annonce du conseil municipal d'installation du maire et des adjoints pour dimanche prochain. Vu la date de publication, le 1er avril, ensoleillé de surcroît, on aurait pu penser à une galéjade, mais à la rédaction des Penn sardin on ne plaisante pas avec le poisson.

Belle photo des deux ex-candidates "tête de liste" dans Ouest-France, où l'on perçoit des sentiments contrastés, vite rectifiés dans la légende "en portant Marie-Thérèse Hernandez et Sa liste à la mairie". Dit comme cela, il y a comme une ambiguïté, qui emmène qui, et les jeux seraient-ils faits dès dimanche soir ?
Une envolée lyrique mérite aussi une certaine pondération : "une vague fracassante de trente-cinq listes entières". Cela ne fait que 35 électeurs sur 542 votants qui ont accordé leur confiance à la totalité des candidats de cette liste, dont certains aveuglément en ce sens qu'ils n'ont en réalité soutenu qu'un candidat, ne se préoccupant pas de la composition de la liste. Ceci vaut d'ailleurs pour toutes les listes, qui ont eu aussi leur lot de listes entières, mais il est vrai que la technique consistant à écarter provisoirement les listes entières pour faciliter le comptage, à juste titre, a cet effet pervers de les valoriser.
Enfin, une autre nouvelle intéressante dans la déclaration recueillie par le journaliste: "nous aurons quatre adjoints". Cela avait été proclamé à la réunion publique de la liste Horizon Kerlaz, mais en toute transparence, motus sur les attributions (pas les personnes, qui ne peuvent être désignées qu'au conseil d'installation, sauf le maire bien sûr connu depuis décembre, mais les fonctions). Étonnant aussi le fait d'associer les adjoints et les délégués communautaires dans le résultat du vote, car si la large majorité de la liste Horizon Kerlaz leur permet de s'attribuer les postes des trois délégués communautaires, ce nombre est fixé d'avance, par contre, le nombre d'adjoints est variable et ne dépend pas du score obtenu, mais de la seule volonté du conseil municipal.
Lisez la presse.

Le Télégramme Kerlaz
Le Télégramme Douarnenez
Ouest France Kerlaz

 Sans rapport, juste pour le plaisir de savourer un Cabu.

Le Canard Enchaîné du 2 avril

mercredi 2 avril 2014

Devinette


Pour se détendre un peu, pendant que cogitent nos nouveaux élus en vue de l'installation du conseil municipal, voici une petite devinette. Cette image soumise à votre sagacité est sans rapport avec l'effervescence de la vie municipale de Kerlaz

mardi 1 avril 2014

Chaussée glissante

Sortie de route à Kerlaz.


Dessin de Ernst
Le programme de chacune des listes de candidats en campagne incluait des aménagements de voirie, "mise en état du réseau routier", "sécuriser la départementale", "sécuriser la traversée du bourg", promesse reprise depuis moult campagnes.
Il est plus que temps de s'en préoccuper, car un accident récent vient encore de le prouver dimanche soir. Un usager pourtant prévenu, car ayant exercé un mandat d'adjoint, aurait dû savoir que le chemin de la mairie était semé d'embûches, n'a pas tenu compte de cette dangerosité et du risque de dérapage et a pris la voie du bourg menant à l'hôtel de ville pour une autoroute. Résultat : un spectaculaire tête à queue. Cela aurait pu être dramatique, car une petite quinzaine de conducteurs suivaient un peu trop confiants sans tenir compte de la distance de sécurité recommandée.
Heureusement, plus de peur que de mal, si l'on excepte les blessures d'amour propre, qui ne sont pas les moins douloureuses, mais nécessitent de la part de la victime un patient travail d'automédication.
Nul doute que les nouveaux élus de Horizon Kerlaz vont très vite mettre des garde-fous sur le chemin de la mairie, pour la sécurité de tous.


Troc et puces



Comme je flânais par les sentiers boisés, respirant les effluves printanières, par hasard je croisai Thérèse qui m’informa des us et coutumes d’après élections à Kerlaz. "Maintenant c’est la semaine du troc et puces." me dit-elle. Je lui indiquai n’avoir vu aucune information concernant ce que je pensais être un vide grenier ordinaire comme ceux qui fleurissent un peu partout, et donc supposais que peut-être cette opération était destinée aux collectionneurs.
"Mais non, me répondit-elle, c’est réservé, mais aux nouveaux élus seulement."
Mon air ahuri la fit rire aux éclats . Elle m’expliqua alors qu’allaient avoir lieu de nombreuses et diverses tractations, en sous-main, des demandes ou des promesses de soutien et vraisemblablement quelques affrontements aussi, avant l’élection du maire et des adjoints, chaque prétendant à ces postes cherchant à négocier l’obtention des voix de ses colistiers et même des opposants.
Des images de pots-de vin me traversaient l’esprit, tandis qu’elle ajoutait : "C’est comme ça que l’autre fois on a eu quatre adjoints . Peut-être qu’on aura cinq cette fois-ci allez savoir !"
Mais de ces sombres marchandages nous ne sauront rien, à moins d’une oreille indiscrète ou d’une langue trop déliée. Nous en connaîtrons le résultat en fin de semaine, lors du premier conseil municipal de cette nouvelle mandature. Serons-nous satisfaits ? 
Le plumitif