vendredi 23 mai 2014

Le blanc est-il une couleur ?

Variations des composantes de la lumière blanche

 Les drapeaux des pays de l'Union européenne juxtaposés constituent un ensemble multicolore. Les principaux partis politiques représentés offrent aussi une palette de couleurs pas loin d'atteindre les composantes du spectre solaire : rouge, vert, bleu, etc. et dérivés. Mais quand on entend — souvent — dire que " l'Europe nous en fait voir de toutes les couleurs " cela signifie plutôt que l'on broie du noir, face aux difficultés de  toutes sortes qui peuvent nous accabler et dont il est tentant d'en attribuer la cause à cette instance supérieure maléfique assez anonyme. Pour corser le tout, lorsque l'on s'adresse à nos hommes politiques locaux, régionaux, nationaux, leur tentation est grande de se défausser sur la même "Europe" et l'on fait chou blanc, mais cela ne les empêche pas de la vanter en d'autres circonstances.

Cette situation de méconnaissance, de flou, facilite l'éclosion de nombre de vocations de défenseurs de tout poil qui n'ont pas grand chose à voir avec un programme politique.
Debout la France ! Le réveil a sonné, la France se réveille, nous citoyens, féministes pour une Europe solidaire, nous te ferons Europe, une démocratie réelle pour une France royale, etc. L'esperanto fait vivre.
Ainsi, nous nous retrouvons avec pas moins de 25 listes de candidats, que le ministère de l'intérieur répartit en 17 nuances. Quel bel arc-en-ciel ! Chacun tente sa chance, qu'importe que l'on s'affirme porte-parole de quoi que ce soit, la chasse au gibier à poil, un papa-une maman-un amant, les landaus électriques, une petite rente de plus de 10 000 (dix mille) euros pour cinq ans plus avantages divers, cela vaut bien quelques belles paroles.
Parmi les candidatures "exotiques", la palme du non-sens revient sans conteste à "Citoyens du vote blanc". Entendons-nous bien, à la différence de Laurence Devillairs qui affirme "Ceux qui votent blanc n'expriment [donc] pas une décision politique mais commettent une erreur philosophique sur ce que choisir veut dire" (1) il ne s'agit pas ici de prendre parti contre le vote blanc, qui après de nombreuses années de revendications, vient d'être reconnu officiellement. Il a ses vertus, et ses limites.
Mais prôner le vote blanc et présenter une liste de candidats, n'y a t-il pas là une magistrale contradiction ? Si l'électeur adhère à la préconisation du vote blanc, il ne vote pas, et les candidats restent à la porte. S'il n'adhère pas, ils restent à la porte aussi, évidemment, car les suffrages vont ailleurs. Et quel pourrait être le programme de ces candidats, que l'on ne nous a d'ailleurs pas communiqué dans le lot reçu cette semaine ? Leur objectif selon le nom de la liste, est bien de ne voter pour personne. Cherchez l'erreur. Alphonse Allais aurait sûrement apprécié.
Votez dimanche. Votez pour qui vous voulez, mais avec un minimum de bon sens. Le droit de vote est un droit précieux qu'il ne faut pas galvauder.

1. Philosophe et éditrice, dans Brèves de philo, collection Le goût des mots, Points éditeur,
 

Sur votre agenda

© RP
Dimanche prochain : élections européennes. Même s'il fait beau temps, même si vous allez au marché bio aux Plomarc'h, même si vous êtes invité chez votre belle-mère, faites un crochet par le bureau de vote !

mercredi 21 mai 2014

Docteur Johnson sur le chemin de la connaissance

 
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En début de mois nous avons reçu Le Petit Kerlazien attendu dans notre boîte à lettres. Si comme nous l'avions supposé, la recherche d'une nouvelle présentation a prévalu sur  la volonté d'informer, cela n'en valait pas la peine. L'une comme l'autre n'auront pas abouti. Nous avons l'impression d'une précipitation qui nous donne la forme et le fond bâclés.
La nouvelle présentation aurait pu être agréable si l'on avait pris le temps d'en effectuer les corrections et l'achever avant publication. Ne nous y attardons pas, l'intervalle entre parutions permettra d'y remédier.
Souhaitons également que le prochain numéro fasse l'objet d'une relecture avant édition, car si une faute de frappe isolée est évidemment absoute, présenter des textes sans fautes est aussi une forme de politesse envers le lecteur, comme envers les personnes concernées par un article.
Quant au contenu, le laisser aller le partage à la provocation. Si la maxime de ce brave Docteur Johnson* doit être prise en l'état comme la référence du conseil municipal, c'est pour le moins inopportun, et même importun. Laissons là le débat sur l'assimilation discutable de la connaissance à la détention d'une information qui fera sans doute l'objet du prochain café-philo à la salle communale.
S'agissant de la vie communale, où pouvons-nous trouver l'information officielle, qui nous renseigne sur l'activité municipale, les projets et décisions du conseil, les événements à venir ? En principe, et par obligation légale, d'abord à la mairie, un peu dans la presse locale dont nous constatons régulièrement la carence, et enfin, car c'est dans son en-tête que la question est posée, dans l'organe officiel de la commune : Le petit Kerlazien. C'est là que le bât blesse, car pour remplir les quatre pages on a sérieusement tiré à la ligne, comme en manque de contenu, tandis que des informations importantes font défaut.
L'autoportrait ressassé façon people tient lieu d'éditorial et de présentation du maire, mais parallèlement, le compte-rendu des deux premiers conseils municipaux a subi un élagage qui certes nous donne la composition des commissions et autres délégations, mais sans précisions sur les votes, pourtant significatifs. Qu'en sera t-il des prochains compte-rendus lorsque l'ordre du jour ne se limitera pas à des élections de représentants mais induira des sujets portant débat ?
La photo de la nouvelle équipe est aussi un modèle d'information. Quand les candidats de "Horizon Kerlaz" en campagne nous offrait une grande belle image de l'équipe devant la mairie, la même équipe élue majoritairement pose avec les autres conseillers... devant le clocher, mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel est que si l'on observe de près cette photographie au format très réduit, on constate que n'y figurent que quatorze conseillers, alors que le conseil en comprend quinze. Et pas de légende, bien entendu, qui identifierait les personnages présents et absent (excusé[e] ?) par la même occasion. Peut-être s'agit-il d'un nouveau jeu pour agrémenter le bulletin, dont la réponse viendra dans le prochain numéro.
Nous avons vainement cherché une information concernant la Communauté de communes, l'annonce des délégués résultant du premier conseil municipal, mais aussi leur place et rôle au sein du conseil communautaire qui a tenu séance bien avant la parution de notre gazette. Que Docteur Johnson ne vienne pas nous dire "où trouver l'information" s'il pense au site Internet de la Com-com : à la page de présentation du territoire, la description lyrique de Kerlaz se terminait par l'indication du nom du maire : Michel Kervoalen, jusqu'à la date du 19 mai. C'est ce qu'on appelle une information de première main pour une actualité brûlante.
Comment suivre le conseil du Docteur Johnson, qui lui sait où trouver l'information, mais ne nous le dit pas ? Il ne nous reste qu'une source communale d'information, la mairie. Ce n'est pas simple. Pour connaître par exemple la date du prochain conseil municipal nous devrons nous adresser à la mairie dès l'achèvement du précédent, et chaque jour jusqu'à fixation de la date sinon nous risquerions de manquer l'échéance. De même, en cas d'empêchement d'assister au conseil, il conviendra d'y consulter le procès-verbal; si vous ne pouvez vous déplacer, il vous sera certainement adressé par courrier postal ou électronique.


(*) Le Samuel Johnson que vous connaissez, baptisé Docteur Johnson par un ami intime, n'est pas Samuel Curtis Johnson l'inventeur de la cire qui porte son nom, mais leurs qualités à tous deux assurent brillance sur les parquets.



Kerlaz sur le site de la Com-com
Les nouveaux chemins de la connaissance

mercredi 14 mai 2014

Le retournement, c'est maintenant !

Dessin de Philippe Tastet
Les médias ont beaucoup parlé de retournement ces jours passé, commentant une déclaration du chef de l'État qui parlait de l'économie.
À Kerlaz aussi un retournement fait suite au changement, plus discrètement. Il s'agit, après le changement de conseil municipal, du retournement de ses pratiques amorcées.
Les deux premiers conseils ont été un indicateur de tendance quant à la manière d'administrer. Ainsi le nouveau maire s'est engagé à "tenir compte des remarques constructives des deux autres conseillers qui complètent le conseil, et ce dans l'intérêt général de la commune". Voilà qui était déjà prometteur de débats démocratiques. Nous avions aussi noté avec grande satisfaction les prémices d’un changement dans le fonctionnement plus que douteux du conseil municipal précédent : l’abandon du mode confessionnal, et le rétablissement du vote à main levée dans son application réglementaire.
Malheureusement, le troisième conseil ne confirme pas les espoirs des précédents et rétrograde déjà. Nous aurions bien aimé que ces nouveaux élus répondent aux attentes de la population qui, rappelons-le a rejeté en masse les sortants. S'agit-il d'un dérapage incontrôlé, un manque d'attention de novices, ou le signe prémonitoire du retour aux déplorables attitudes antérieures, sous la baguette justement du seul rescapé du Radeau de la Méduse ?
Seul bon point qui subsiste des bonnes intentions : l'abandon du mode confessionnal, en rendant audible les propos du maire et les interventions des conseillers (peu nombreuses il est vrai jusqu'ici).
Par contre, "tenir compte des remarques constructives" des conseillers, et pas seulement des "deux autres", nous avons eu la démonstration du contraire vendredi, comme cela a été relaté précédemment.
Deuxième motif de satisfaction qui tombe à l'eau : le vote à main levée. Comme son nom l'indique, le vote est exprimé lorsque le votant lève la main ou le bras. Sinon il ne vote pas. C'est une usurpation très déplorable et combien contestable de procéder en interprétant l'inverse. Contrairement au résultat proclamé, lorsqu’aucun conseiller n’a levé la main, ce n’est pas un vote favorable à l’unanimité, mais tout simplement une abstention générale, personne ne s’étant exprimé. Affirmer le contraire est une escroquerie, de même que demander de lever la main pour déclarer s’abstenir, alors que justement l’abstention par définition ne s’exprime pas, elle se constate et les abstentionnistes doivent être comptés par déduction du nombre des votes exprimés (pour et contre) du nombre total des conseillers (présents et représentés).
C'est de plus un procédé insidieusement antidémocratique : une proposition présupposée honnête et dans l'intérêt général soumise au vote doit d'abord, et c'est logique,  appeler l'approbation, espérée majoritaire. Ensuite seulement viennent les avis défavorables, et les abstentionnistes s'abstiennent tout simplement. Le fait de demander d'exprimer en premier le vote défavorable est une mesure d'intimidation, or toute pression pour influencer le vote est illégale, la règle en démocratie étant que chacun puisse s’exprimer en toute liberté.
Enfin, manque de transparence aussi dans les critères qui ont servi de référence au choix des candidats à la commission communale des impôts directs qui a l'air d'être un lot de consolation pour certains et une récompense de bons services pour d'autres.
On a vu que l'adjoint chargé des affaires sociales et de la vie des associations ne semblait pas avoir été très impliqué à ce dernier conseil, qui pourtant concernait en partie directement son domaine de compétence. Comme il est aussi chargé de la communication, il ne va pas manquer d'ouvrage, à l'intérieur même du conseil municipal. Souhaitons-lui bonne chance et bon courage.
Sous les maillots tout neufs, une équipe qui ne joue pas collectif, un capitaine qui ne respecte pas les règles, des coups-francs pas francs, pas sûr que les supporters continuent de supporter.

mardi 13 mai 2014

Le comptable et le philosophe

Projet d'aménagement


Le conseil municipal de vendredi dernier a été le théâtre d'une passe d'armes entre un conseiller de la minorité et l'adjoint aux finances, financier de son état, et ancien assureur selon ses propres déclarations, le spécialiste donc, confirmé par le maire, quand à la réglementation relative au prêt d'un véhicule automobile de  la commune, qu'il est normal d'installer, ce qui aurait dû être fait dès la mise en place du principe de prêt.
À l'interrogation du conseiller quant à la difficulté pour une association d'assurer ce véhicule, l'expert a préconisé un transfert de l'assurance du conducteur temporaire désigné, de son véhicule personnel au véhicule municipal pour la durée du prêt, cette opération étant présentée comme évidente, systématique, immédiate, une formalité on ne peut plus simple, et gratuite de surcroît.
C'est aller un peu vite en besogne.
Tout assureur automobile applique une tarification qui tient au conducteur (identique donc dans l'hypothèse présente), mais aussi à l'usage du véhicule, et au modèle de celui-ci, classé dans une catégorie en fonction de son prix, de son risque (puissance, vocation sportive ou pépère, etc.). Autre critère important de tarification : les garanties, choisies dans une gamme plus ou moins étendue selon les compagnies, allant pour dire simplement, de l'assurance au tiers (responsabilité civile, le minimum obligatoire) jusqu'à "tous risques" (dommages au véhicule), agrémentée de multiples variantes (montant et cas d'application de franchises par exemple). Ajoutons à cela le fait que suivant une tendance de plus en plus répandue, la moindre manipulation effectuée au contrat engendre des frais appelés d'avenant, d'opération ou autre nom de baptême qui les distingue de la tarification elle même et viennent s'y ajouter. Donc, si un transfert est possible, ce n'est pas pour autant une opération aussi évidente et neutre qu'elle a été présentée, surtout financièrement. On ne voit pas comment tous ces critères d'évaluation s'évanouiraient s'agissant du véhicule communal à assurer, et l'on comprend aisément la réticence plus que probable des conducteurs bénévoles.
Car comme l'a fort justement fait remarquer le conseiller, il s'agit bien de cela : le conducteur potentiel est bénévole dans une association. Il donne de son temps, offre peut-être des compétences particulières, il paie de sa personne. Voudrait-on qu'en plus il risque fort d'être pénalisé en rendant service ? Exemple : supposons qu'il accepte le transfert d'assurance et que cette opération n'entraîne pas de facturation. S'il se voit impliqué dans un sinistre avec une part de responsabilité (ce qui est tout à fait possible même sans commettre de faute), il sera pénalisé pour longtemps par la règle du "bonus-malus", et ni lui ni les autres bénévoles ne seront pas près de s'engager dans un telle aventure, au détriment de l'association.
Vendredi, nous étions donc face à deux approches radicalement différentes pour traiter cette question, d'un côté des experts du conseil, mettant en avant les arguments comptables et juridiques "irréfutables" pour imposer LA solution qu'ils présentent, et n'envisageant pas un instant d'autre issue, de l'autre un conseiller qui sans aucunement nier la nécessiter de réglementer, s'interroge sur la finalité de l'opération et essaie de chercher différentes solutions (qui existent bel et bien) dans l'intérêt général de la population avant de légiférer.
Souhaitons qu'il nous vienne encore quelques humanistes et philosophes pour réfléchir aux décisions qui nous concernent, avant que, sujets du Prince, nous ne soyons plus que des clients pour ses marchands.

dimanche 11 mai 2014

Quelle assurance !


D'après Serge Ernst, in Clin d'œil
Un des points à l'ordre du jour du conseil municipal de vendredi dernier concernait les conditions de prêt du matériel municipal, tente, table et  chaises, véhicules, aux associations et aux particuliers de la commune.
Le motif annoncé de la délibération était de réglementer ce qui jusqu'à présent s'effectuait sans formalité, et pour cela instituer une "fiche de prêt", qui outre le fait de verbaliser l'opération, responsabiliserait l'emprunteur. La délibération consistait donc à voter pour l'adoption de cette fiche dont le texte rédigé par les experts locaux fut lu préalablement. Pour tente, table et chaises, l'adoption paraissait évidente et ne suscitait aucune remarque; non plus de la part des élus horizontaux concernant les véhicules, si ce n'est pour exclure le tracteur agricole, initialement inclus, de la liste et réduire le prêt de véhicule au seul fourgon. Le tracteur était écarté à l'unanimité, mais sans motif clairement exprimé.
Au chapitre véhicules, restait donc le fourgon. La proposition de fiche de prêt prévoyait la fourniture d'une copie de permis de conduire de l'utilisateur emprunteur ainsi qu'une attestation d'assurance du véhicule. Pour le permis de conduire, aucune d'objection, chacun admettant l'évidence d'une telle précaution sans laquelle la commune se mettrait gravement en défaut.
Le problème de l'assurance du véhicule est différent, et l'un des conseillers de la minorité a engagé le débat en interrogeant le maire sur les modalités et le bien fondé de cette obligation d'assurance dans le cas d'une association emprunteuse. L'adjoint aux finances s'est chargé de la réponse en indiquant qu'il suffisait que le conducteur désigné demande à son propre assureur le transfert des garanties du contrat de son véhicule personnel sur le véhicule de la mairie pour la durée de l'emprunt, que c'était une opération instantanée, sans délai, ni complications ni surcoût, l'ayant lui-même pratiquée en tant que professionnel, ce qui a engendré la validation du maire  : "il est spécialiste". Fermez le ban.
Notre conseiller, récalcitrant malgré cette évidence, a justement fait remarquer qu'il avançait un argument des associations, lesquelles pour emprunter le fourgon, seraient confrontées à de nouvelles complications administratives en plus d'un surcoût éventuel (la réponse précédente affirmant l'immédiateté et la gratuité n'étant pas si probante), que les associations ne recrutaient pas si facilement des bénévoles, qu'il y avait là matière à décourager les bonnes volontés et par là même mettre en péril la vie associative de la commune, que l'on prétend soutenir. C'est un domaine qu'il connaît bien, étant fortement impliqué lui-même dans la vie associative de Kerlaz.
À cette objection, le ton est quelque peu monté, montrant par là combien il paraît difficile de dialoguer calmement quand on croit qu'une hypothèse ou une option est seule vérité. Demandant s'il n'était pas possible d'envisager une extension aux garanties du contrat automobile de la commune pour couvrir cette usage de prêt, notre tenace conseiller s'est vu répondre par le maire "nous (?) avons eu une réunion avec l'assureur de la commune, et c'est possible". Surprise : manifestement peu de membres du conseil connaissaient ce fait dont on n'a pas su ni la date, ni l'objet réel. Surprise encore : sans la réflexion et la ténacité du conseiller cet élément restait secret. Surprise enfin : l'adjoint aux finances, qui "en était", a déclaré qu'il était incapable de fournir le montant d'une éventuelle majoration de tarif pour cette extension de garantie. Curieux. Soit l'assureur n'est pas très performant, parce qu'il n'a pas d'office chiffré cette hypothèse, ou qu'il lui faut un délai improbable pour ce faire, soit l'assureur est hors de cause, et l'adjoint aux finances a manqué à sa tâche en ne réclamant pas ce devis. Il se peut aussi que le maire et son ou ses assistants à cette "réunion" aient d'emblée écarté cette hypothèse d'extension de garantie, quel qu'en soit le coût, même nul. Quel pouvait être alors l'objet principal de cette "réunion", rendant accessoire, négligeable même cette question d'extension de garantie pourtant abordée  avec l'assureur ? 
Point d'issue au débat du conseil, limité en quasi totalité à nos deux protagonistes malgré l'appel à l'aide de l'adjoint qui n'a pas trouvé d'allié convaincant. Embarras du maire qui prenant une posture d'apaisement a tout de même tenu à faire voter sa motion, assuré d'une majorité fidèle. Notons toutefois qu'aux deux voix de la minorité s'est ajoutée celle d'un conseiller de l'équipe du maire pour rejeter la motion. Tout espoir n'est pas perdu.
Cet épisode du dernier conseil appelle plusieurs remarques.
1 - Sur ce point particulier de l'ordre du jour : l'adjoint chargé des affaires sociale, de la vie associative et de la communication ne s'est pas exprimé et n'avait pas l'air plus concerné que la plupart des conseillers qui attendaient que cela se passe pour donner leur approbation rituelle. Avait-il été consulté et convié à la préparation de la motion, à la rencontre avec l'assureur ? On penserait que non, car à la différence des autres adjoints, il n'a pas été invité par le maire à prendre la parole pour présenter le projet, pourtant complètement dans ses attributions. Ceci ne l'empêchait d'ailleurs pas d'intervenir une fois le problème posé, d'autant que le conseiller qui a amorcé le débat l'a bien recentré sur la vie associative.
2 - D'une manière générale, cette équipe n'est pas vraiment disposée à débattre, peser le pour et le contre, admettre des arguments qu'on lui soumet, interroger le maire, les adjoints ou les responsables de commissions pour se faire une opinion la plus objective possible avant d'engager des mesures qui concernent la population. L'annonce contrainte de cette réunion secrète en est un exemple flagrant. Il s'en est fallu de peu que cet élément reste secret. L'information des conseillers était donc volontairement incomplète, dans le but d'obtenir un vote favorable. C'est déjà grave en soi mais ce qui est plus inquiétant, cela n'a pas eu l'air d'émouvoir les conseillers qui ne doutent de rien.
3 - La méthode Hernandez. Outre ce que nous avons pu relever précédement, il est une pratique insidieuse dont devraient se méfier et se défendre les conseillers. Alors qu'un débat opposait fermement deux conseillers à propos du prêt du véhicule de la commune, les autres et le maire manquant d'inspiration ou d'information, il était clair que la proposition du maire ne devait pas être votée en l'état. Tout au plus pouvait-on voter pour l'adoption de cette fiche de prêt en en limitant l'usage au matériel autre qu'automobile. L'obstacle de l'assurance du fourgon ayant replacé le débat dans le contexte qui est le sien, la vie associative, et les différentes options insuffisamment étudiées ne permettant pas d'aboutir, il était logique et raisonnable de surseoir, ce qu'ont d'ailleurs demandé quelques conseillers. Au lieu de cela, candide, en ayant l'air de jouer la neutralité et la carte du compromis, le maire propose d'adopter la motion en l'état, à l'essai, et plus tard, si cela pose problème, on reverrait la question. Et l'assemblée de se laisser berner. Si la motion ne leur convient pas (et plus d'un ne la "sentaient pas"), ils ne doivent pas la voter. Au minimum, pour une fois cela se justifie, s'ils ne savent pas prendre position faute d'information ou de temps de réflexion, ils s'abstiennent. Comment peuvent-ils croire ce vote "provisoire", alors que leur décision à la légère engage la commune et les associations dans cette impasse, à effet immédiat.
Cette méthode du provisoire est connue, et notre maire en est coutumière, mais comme les citoyens ne sont pas toujours très attentifs et ont la mémoire courte, cette pratique d'allure innocente mais perverse passe le plus souvent inaperçue.
N'enrobe-t-on pas les médicaments au goût amer de sucre et autres parfums pour "faire passer" ? Au moins ceux-là sont-ils supposés nous guérir. 
                                                                                                                             

mercredi 30 avril 2014

Le changement, c'est pour quand ?


D'après Silex and the City

Le Festival du mot de La Charité-sur-Loire qui fête sa dixième édition cette année, propose à tout un chacun de voter pour désigner le mot de l'année, parmi une liste de 13 mots, dont : abstention, crispation, impatience, matraquage, sanction, connecté, etc. Transparence a été choisi en 2013 par le jury. Nous l'avons depuis souvent entendu au cours de la campagne des élections municipales et même après, un peu partout et  beaucoup à Kerlaz, au point de l'illustrer par un affichage des notes de courses du ménage. Alain Rey, directeur éditorial des éditions Le Robert (le dictionnaire de référence) qui préside le jury, commentait ainsi l'an passé le mot choisi : "la TRANSPARENCE est passive; laisser transparaître est encore plus faible que laisser paraître et n’a presque rien à voir avec montrer ni avec éclairer ou clarifier".
À part cette surprenante décoration en vitrophanie de la salle du conseil, "accéder à l'information locale et municipale" semble bien difficile à mettre en œuvre. Le spin doctor doit manquer de vitamines. Notons au passage qu'il nous est promis de pouvoir accéder à l'information, et non de nous transmettre l'information, ce qui aurait montré la volonté d'aller vers les citoyens, plutôt que d'en attendre l'inverse.
Il n'est pas simple d'ouvrir un site internet en très peu de temps pour peu qu'on le souhaite efficace, pratique, interactif et pérenne, et nous attendrons encore ce qui semblait un objectif prioritaire de nos élus, partagé par leurs confrères candidats. Nous avons attendu six ans, nous patienterons bien quelques semaines de plus.
Par contre, l'organe municipal de communication écrite aurait pu refaire surface. Cette carence ne peut résulter d'un manque de budget. Alors, quoi ? Le Petit Prince de Saint-Exupéry* peine à dessiner son mouton ? Il ne faut pas si longtemps pour composer et éditer les quatre pages du format habituel du Petit Kerlazien. Un premier numéro de mandature est vite couvert par le compte rendu des deux premiers conseils municipaux. Point besoin de littérature ni de fantaisies, et la population peut très bien comprendre la primauté de l'information sur la forme, car si le retard tient à la refonte de notre gazette, cela signifie que l'information passe au second plan, contrairement à l'objectif et à ce qu'attend le lecteur. Il serait toujours temps de fignoler la forme pour les prochaines parutions.
La carence de la communication du précédent conseil municipal tenait, selon l'adjointe en campagne devenue maire depuis, à la carence du vice-président de la commission ad hoc de l'époque, un vrai spécialiste pourtant. N'accablons pas celui qui a cette même responsabilité dans l'équipe actuelle, spécialiste lui aussi. Observons qu'il contribue à pas moins de cinq commissions, dont deux qu'il a en charge, plus quatre délégations diverses, et hors conseil est engagé dans la vie associative et salarié à temps plein. Est-ce bien raisonnable, dans la mesure où la candidate-maire nous a promis que cela ne se passerait pas comme avant, et qu'elle mettrait toute son autorité que l'on sait grande à veiller à ce que les commissions fonctionnent ?
Sans un peu de bon sens et de réalisme, la machine s'emballe mais tourne à vide.

(*) référence du/au conseil du 6 avril




    

samedi 19 avril 2014

Un nouveau marronnier


Voici que pousse un nouveau marronnier à Kerlaz. Une espèce à croissance lente qui fleurit et fructifie tous les six ans seulement, et il n'est qu'à son deuxième cycle de production qui nous arrive fin mars début avril. Il a pris naissance près de l'église et du cimetière, mais ne prétend pas concurrencer les ifs ou autres vénérables cèdres que l'on rencontre parfois sur des sites analogues anciens.
Le marronnier qui nous préoccupe n'est pas le châtaignier des chevaux, mais l'espèce chère aux journalistes, un événement qui se reproduit à intervalles réguliers, sans grande importance souvent, et qui permet de meubler lorsque l'actualité n'incite pas à la copie. Parmi les marronniers classiques, citons la rentée des classes, les soldes, les régimes d'avant l'été, etc. Alors, le nôtre ?
Nous y voilà. Rappelez-vous, il y a six ans, au lendemain des élections municipales, les bénévoles de la bibliothèque démissionnaient en bloc, imposant la fermeture de facto, et il fallut aux nouveaux élus user de leurs affectueuses relations pour faire repartir la machine plus d'un mois plus tard.

La révolte des bonnets rouges d'âne

Il y a peu la presse locale présentait une bibliothèque florissante, informatisée comme il faut, et offrant les derniers prix littéraires. Quelle surprise d'apprendre la semaine passée la démission des bénévoles ! Cette fois au moins, ils assurent la continuité en attendant la relève, c'est plus honorable. D'ailleurs à y voir de plus près, la moitié seulement (si on peut dire) démissionne. Mais drôle de coïncidence tout de même cette concordance répétée de démission et de l'élection municipale, car la presse précise bien "dès le lendemain des municipales", puis "au début, nous avons étés déçus". Au début de quoi ? Plusieurs hypothèses sont permises.
La bibliothèque semblait un enjeu d'importance pour le conseil municipal. Attendons de voir comment les nouveaux élus aborderont le sujet.
Notre marronnier va t-il refleurir au printemps 2020 ?

À lire :

vendredi 18 avril 2014

La démocratie est en marche ?

Les paparazzi à l'œuvre récemment "dans le bourg", d'après Ernst

Deuxième conseil, d'installation également puisque consacré à la composition des commissions municipales et délégations diverses, ainsi qu'aux indemnités du maire et des adjoints. Pas d'affaires diverses comme annoncé dans la presse locale, enfin la moitié de la presse qui s'intéresse à Kerlaz, car point de correspondant du Télégramme au conseil. Sans doute ne lisant que l'organe de son employeur il aura manqué lui-même l'information. Gageons que nous aurons droit tout-de même à un compte-rendu, car depuis plusieurs mandatures déjà, le correspondant du dit journal se contentait presque toujours de "ramasser les copies", c'est à dire prendre le compte-rendu établi par le secrétariat de mairie, lequel compte rendu ne méritait pas son nom, car établi avant le conseil il comportait déjà le résultat des délibérations et non seulement les propositions.
Maigre public à ce conseil, comme si la grande majorité de la population, dont des conseillers sortants qui avaient pourtant promis d'y assister, ne lisaient que Le Télégramme, ce en quoi ils auraient tort.
D'emblée, on a pu sentir des différences positives. Le mode confessionnal a été abandonné et la volonté de conseil public affichée, ce qui est un bon point conforme au programme. Si le résumé a été remis au correspondant de presse, au moins il ne comportait pas les résultats. Il est vrai que pour un tel ordre du jour, c'eût été un peu délicat, un accident étant vite arrivé même si les jeux étaient faits.
Dès 20 h 30 débute le conseil auquel participent 14 conseillers sur quinze élus. Le maire annone un élu "excusé" sans autre précision. "Excusé" est un doux euphémisme pour cacher ce qui semble une épine dans le consensus des élus majoritaires. Un élu est absent ou présent, point. Il peut y avoir des circonstances personnelles qui justifient l'absence, mais l'excuse, si on peut l'entendre, n'est qu'une notion morale à admettre en second lieu. Il se trouve que l'élu absent n'est autre que Madame Nadine Augras, qui s'était présentée à la candidature d'adjoint aux finances et qui n'avait recueilli qu'une seule voix. Il se trouve aussi qu'elle n'a pas donné procuration à quiconque pour ce conseil, fait pour le moins surprenant dans une équipe supposée unie, que ces coïncidences induisent à mettre en doute, et surtout à s'interroger sur le motif de ce pas de côté.
L'élection des vice-présidents et des membres des différentes commissions ainsi que des délégués à diverses instances s'est déroulée sans suspense bien sûr, avec quelques flottements sur certaines modalités pratiques de vote. Mais pourquoi diable s'entêter à faire une litanie de scrutins secrets quand ce n'est pas obligatoire, que de surcroît il y a un seul candidat et une belle unanimité connue d'avance ? C'est d'autant plus étonnant que les commissions municipales (hormis l'appel d'offres pour laquelle le scrutin secret est obligatoire) ont fait l'objet de votes à main levée.
Profitons de l'occasion pour encourager le vote à main levée qui prend tout son sens, où l'on commence par voter pour en levant la main, au lieu de la parodie de la période précédente, où l'on appelait d'abord à (ne pas) voter contre pour déclarer ensuite, parce que que les mains n'avaient pas quitté la table, que l'on avait voté pour, alors qu'en réalité personne n'avait voté. Cela paraîtra futile à certains traditionalistes, mais sur le fond et dans l'état d'esprit cela est radicalement différend.
Il reste encore quelques efforts de pédagogie à accomplir. Si la plupart des commissions et délégations ont été décrites avant vote, ce dont on se félicite, les syndicats intercommunaux n'ont pas eu la précision de leur extension géographique, car une instance intercommunale peut se limiter à quelques commune à l'échelle d'un canton par exemple, ou davantage, à l'échelon départemental, ou autre combinaison. Les conseillers électeurs n'ont pas posé la question. Peut-être avaient-ils la précision sur leur documents, mais le conseil est public.
Enfin, nous avons eu droit à un gros mensonge pour clore l'ordre du jour. Après lecture des références permettant de déterminer le montant des indemnités allouées au maire et aux adjoints et annoncé le plafond global mensuel pour l'ensemble des bénéficiaires, le maire a soumis au vote les montants des deux catégories en ajoutant, par deux fois, "c'est le montant fixé par la loi". Or il s'agit bien du maximum fixé par la loi, qui ne l'impose pas, laissant à chaque conseil la possibilité de ne pas consommer cette enveloppe dans sa totalité s'il souhaite se montrer moins gourmand. Le conseil a parfaitement le droit de s'octroyer le maximum, mais pourquoi se cacher derrière un mensonge, fût-il par omission ?
Le vote de ces indemnités a fait l'objet d'une abstention, celle d'un conseiller de la minorité, qui avait justement interrogé le maire sur les montants et sur leur antériorité, ainsi que sur l'antériorité du nombre des adjoints. Le maire s'est bien empressé de confirmer que c'était déjà comme cela avant, que l'on n'avait rien changé. Oui, les six dernières années, mais précédemment il n'y avait que trois adjoints.
Allô, pourquoi tu tousses ?

mercredi 16 avril 2014

Quelle information pour quel public ?


Ouest-France, dans son édition de mardi, a annoncé la tenue du conseil municipal pour le lendemain (aujourd'hui), même en deux exemplaires dont une version allégée pour ceux qui suivent régime. On ne se plaindra certainement pas de cette double information, sans doute due à la convergence de deux sources et à l'organisation de la fabrication du journal en amont de l'impression.
On peut déplorer malgré tout un délai aussi court pour une information de cette importance. À cette remarque déjà faite en mairie les années passées, la secrétaire oppose le délai minimum légal. C'est un peu facile, il faut savoir si l'on souhaite réellement que l'information passe, ou si l'on souhaite secrètement qu'elle passe inaperçue.
D'ailleurs elle passe forcément inaperçue pour les lecteurs du Télégramme, car cette annonce n'est pas parue. Peut-être demain, lendemain du conseil ? Nous ne pouvons imaginer que les deux quotidiens n'aient reçu l'information simultanément, alors comment expliquer ce manque ? Il est peu probable que deux élus se soient répartis la tâche et que l'un d'eux se soit trompé de destinataire, faisant de la sorte converger les deux sources vers un seul diffuseur. Plus vraisemblablement, comme à l'habitude, le secrétariat de la maire a transmis l'information aux deux rédactions, et Le Télégramme n'en a pas tenu compte.
On voit par là le danger de se retrancher derrière un minimum légal pour toute démarche qui s'adresse aux citoyens. Avec un délai plus raisonnable, car on ne peut croire que des élus organisés comme ils le sont décident d'un conseil à la dernière minute, on évite les éventuels accidents de publication (si tel est le cas présent), mais on montre aussi sa volonté ou pas d'information de la population, sa volonté de l'associer aux travaux effectués en son nom, du moins en les rendant publics, c'est à dire en en facilitant la publication.