“Les vieux ne rêvent plus leurs livres s’ensommeillent leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort le muscat du dimanche ne les fait plus chanter”
Jacques Brel
Le rituel repas des vieux, pardon des “aînés”, c’est plus tendance, a eu lieu ce dimanche précédent, offert par la municipalité en présence du maire et quelques élus qui dans la même tradition visitent à domicile ceux qui
“...ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit du lit à la fenêtre puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit”.
Au conseil municipal précédant cet évènement, Monsieur le maire l’a annoncé en précisant que conformément à la tradition, il sollicitait la présence d’un adjoint et de deux autres élus volontaires pour l’accompagner à cette manifestation dite de sympathie.
Madame l’adjoint aux affaires sociales a d’emblée déclaré qu’elle y participerait d’office, non seulement cette année, mais chaque année de son mandat, considérant que cela allait de soi et relevait de ses attributions. On ne peut que la féliciter pour cet engagement et prise de responsabilité, dans un environnement dont ce n’est franchement pas la tendance.
Car cette déclaration a suscité l’étonnement et l’incompréhension auprès de la plupart des membres du conseil, dont on a bien senti le peu d’enthousiasme, au point que les expérimentés conseillers l’ont même mise en garde en lui précisant de bien considérer que cet évènement (redoutable) avait lieu tous les ans ! Bel élan de solidarité envers leur collègue adjoint, mais nettement moins glorieux envers cette partie de la population dont on ne dédaigne pas pour autant les bulletins de vote; et quand bien même ils ne voteraient pas, les élus n’ont-ils pas en charge la société dans toutes ses composantes ?
Bien sûr, on peut trouver agréables d’autres festivités, communales ou intercommunales auxquelles le titre d’élu ouvre les portes toutes grandes, mais la légitimité ne s’arrête pas aux avantages, en espèces, en nature ou en plaisirs divers.
