samedi 28 mars 2009

Tous derrière, lui devant !


Un vaillant conseiller, retraité mais toujours fringant, s’est récemment distingué en remportant une épreuve nationale de course à pied réservée aux élus.

On ne sait pas s’il s’agissait d’élus municipaux uniquement ou si toutes les catégories d’élus y participaient, la presse locale ne le précisant pas. Dommage, car s’il n’y a pas trop de mérite à vaincre des sénateurs au train, cela aurait eu de l’allure de vaincre conseillers généraux et députés. Le cumul des mandats aidant, il devait y en avoir quelques uns (on aura sans doute les détais dans le prochain numéro du bulletin municipal à paraître avant l’été).

Bravo donc à notre coureur local, déjà réputé en ce domaine, qui bien qu’ayant un peu traîné les pieds pour porter le maillot de la glorieuse équipe locale, se porte maintenant en tête, et dont la gloire fait vibrer la commune et les environs. Réjouissons-nous, car ce n’est pas tous les jours que la presse quotidienne nous présente de bonnes nouvelles en ces temps de sinistrose.

D’ailleurs nous avons deux bonnes nouvelles pour le prix d’une, si l’on se réfère au titre de l’un de nos journaux préférés qui annonce “un élu dans la course”. Nous avons un titre national certes, mais surtout, au conseil municipal, nous en avons au moins un, d’élu, dans la course. Si c’est pas une bonne nouvelle, ça, alors...

mardi 3 février 2009

Promotion fauteuil


Vous connaissez certainement dans votre environnement des “promotions canapé”.
Au dernier conseil municipal, nous avons découvert la promotion fauteuil, en cascade.

Premier promu : le maire. Sans doute imprégné de l’ascension foudroyante de son cher voisin, et de l’élection du sucesseur de celui-ci au fauteuil vacant, notre premier magistrat mardi dernier à 20 h 40 en mairie s’est senti en élévation : “Je déclare la séance du conseil général ouverte”. Tout le monde peut se tromper, mais il est des lapsus révélateurs qui laissent songeurs.

Deuxième promu, un “proche collaborateur élu” du maire, sans doute ému des remerciements ciblés adressés l’autre dimanche à ces privilégiés, a tenu à en démontrer tout le mérite. Ainsi l’on a pu voir avant l’ouverture officielle du conseil, Mâme le quatrième adjoint au siège de la secrétaire de mairie, s’affairant à l’ordinateur de ladite secrétaire, on ne sait pas bien pour quel usage de l’outil et des informations emmagasinées. Le siège, s’il ne vaut pas fauteuil d’élu semblait tout de même une assise confortable, du moins jusqu’à l’entrée contrariante de quelques citoyens venus assister au conseil.
Ce modeste mais stratégique siège n'était qu'un tremplin, on l’a compris plus tard.
Pendant la séquence traitant de la modification du POS, une dame du public, d’un certain âge, directement concernée, avait un peu de mal à saisir les subtilités du déroulement des “débats”, par manque d’habitude à la fois de la pratique législative et d’une réception auditive d’un niveau de confessional. Aussi tenta-t-elle deux fois d’interroger le conseil, malgré les recommandations des proches voisins de l’assistance. Monsieur le maire lui intima de ne pas intervenir. Le quatrième adjoint suggéra alors de faire évacuer la salle ! Nous aurions donc maintenant un préfet de police à Kerlaz, comme à Paris, et, qui sait, bientôt ministre de l’Intérieur ? MAM n’a qu’à bien se tenir... Double promo pour notre “proche collaborateur élu”. Ce n’est pas tout.
Dans les questions diverses, notre nouvelle promue lut une lettre revendicative d’un collectif d’associations périscolaires d’utilité publique, se plaignant de la réduction annoncée de 25 % de leurs subventions, ce qui les met dans une situation critique, et proposent au conseil d’adopter un texte de motion de protestation. Notre édile, après sa lecture du texte de motion proposé, du domaine de Sa Compétence, s’impatiente et interpelle le conseil : “alors, vous votez le texte ?” Triple promotion pour notre “proche collaborateur élu”, qui devient maire, car c’est bien le maire qui dirige le conseil et qui soumet aux votes. Flottement chez les conseillers pris de court, puis intervention du maire (et du second adjoint : l’autorité est décidément très revendiquée) pour décréter le report au prochain conseil du vote en question. Heureusement, car finalement la promue émue avait omis de lire la deuxième version du texte proposé qui en offrait deux, de versions.

mardi 27 janvier 2009

Bon à savoir...

Parmi le flot de délibérations qu’égrène un conseil municipal durant la mandature, il en est qui attirent l’attention, qui ouvrent des polémiques, parfois des débats. La plupart passent discrètement, d’autant plus quand, entérinant leur manque d’information et d’investigation habituel, les conseillers se soustraient en choeur à la publicité légitime des “débats”.
Il y a un an, les plus incitatifs d’entre eux, avaient avec renfort de supporters, l’accusation aisée d’obscurs arrangements à l’encontre de leurs prédécesseurs. Ils feraient bien d’être plus raisonnables, s’ils ne tiennent pas maintenant à se voir justement incriminés.
A méditer, un proverbe d’actualité : “quant on dépasse les bornes, y’a plus de limites”.
Et aussi :
Code pénal
Partie législative
LIVRE IV : Des crimes et délits contre la nation, l'Etat et la paix publique.
TITRE III : Des atteintes à l'autorité de l'Etat.
CHAPITRE II : Des atteintes à l'administration publique commises par des personnes exerçant une fonction publique.
Section 3 : Des manquements au devoir de probité.
Paragraphe 3 : De la prise illégale d'intérêts.
Article 432-12 - Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

“Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.”
Toute personne, qui du fait de son mandat électif public, participe directement ou indirectement, notamment par l’usage de son droit de vote, à une prise illégale d’intérêt, se rend complice de cet acte et peut être punie de la même peine.
Le délai de prescription de l’action publique est de 10 ans.

lundi 26 janvier 2009

Bonne année !


Après l’année du rat, l’année du buffle débute aujourd’hui, deux signes de terre qui se suivent dans le calendrier chinois.
C’est loin la Chine ? La Chine est chez nous.
Celui qui n’a pas chez lui au moins la moitié de ses divers biens matériels importés de Chine fait exception. L’extraordinaire développement de ce pays est l’une des causes de nos difficultés (ce qui ne veut pas dire que les Chinois sont les coupables).
En tous cas la Chine nous fait un beau clin d’oeil avec l’année du buffle qui est le boeuf d’ailleurs.
Posséder un boeuf dans l’Antiquité était un signe extérieur de richesse et le prix du boeuf servit longtemps de référence pour des opérations financières et l’évaluation du coût de la vie (souvenez-vous de la campagne “suivez le boeuf”, de “la vache à mille francs”, etc.). Le terme “pécunia” qui désignait autrefois le bétail, finit tout naturellement par désigner la fortune et l’argent, la monnaie.

En cette période de “crise financière” l’année du boeuf risque bien pour beaucoup de nos concitoyens d’être l’année de la vache maigre.

L’autre dimanche, les voeux de la municipalité l’annonçaient d’ailleurs à demi-mots (au propre comme au figuré), façon de faire passer la pilule des augmentations tarifaires et autres impôts. A l’automne, les tarifs communaux ont été relevés “du taux de l’inflation”. C’est un peu facile. Est-ce que les revenus de la plupart des Kerlaziens ont augmenté dans la même proportion ? L’élaboration d’un budget doit se justifier. Il est vrai que le poste “rémunération des élus” a augmenté, lui, de près de 20 % ! Gagner plus pour travailler plus ? Est-ce pourquoi le maire “(je) tiens personnellement à remercier chaleureusement mes proches collaborateurs élus”. Sans-doute d’aucuns ont-ils tiré les rois en entonnant : ”Ma petite entreprise connaît pas la crise...”.

Enfin, à l’invitation du maire, “n’hésitez pas à satisfaire votre légitime curiosité, visitez nos locaux...” par exemple la salle du conseil municipal, un jour de séance, “sûr vous seriez prêts à (y) retourner...”

jeudi 8 janvier 2009

Huis clos... à double tour




Avant la trève des confiseurs, notre équipe municipale nous a offert une ultime gâterie démocratique et législative.

Au conseil de fin novembre, l’ordre du jour prévoyait un débat sur l’opportunité d’une révision du POS.
Pour des motifs avancés d’affaires personnelles discutables, le maire souhaite un débat (sic) à huis clos, précisant que les deux conditions nécessaires à sa validation sont, premièrement, l’exclusion de toute discussion préalable au vote portant sur celui-ci, et deuxièmement l’obtention de l’unanimité en faveur du huis clos.

Habitué au consensus mou qui règne depuis le début de la mandature, et persuadé sans doute que la pseudo unanimité générale qui approuve ses propositions relève de l’attention studieuse et réfléchie de ses disciples, le maire annonce son intention et ouvre le vote aussitôt, en levant promptement et bien haut le bras.
Hélas une main ne s’est pas levée, et le maire annonce donc le résultat : pas de huis clos faute d’unanimité.
Surpris et chagrinés de cet écart de conduite, le maire et le premier adjoint interrogent le coupable, lequel avoue humblement n’avoir pas compris l’objet du vote (pas surprenant quant on connaît le déroulement ordinaire des conseils) et donc s’est logiquement abstenu.
Le premier adjoint propose alors au maire de relire sa proposition, ce qu’il fait, et tous deux invitent à refaire le vote, ce qui ne rencontre aucune objection. Un second vote est réalisé dans la foulée, et cette fois les godillots sont bien disciplinés; le maire annonce le huis clos et fait sortir les six personnes de l’assistance extérieures au conseil.

Ce n’est pas la première entorse que ce conseil fait à la loi républicaine, mais cette fois on atteint les sommets : après la proclamation publique d’un vote officiel, le maire fait procéder à un nouveau vote, au mépris du premier et de la loi, et pire, avec l’approbation de tous les conseillers.


On pouvait croire ces pratiques réservées aux républiques bananières.
On ignore si une dégustation de bananes a fait suite au conseil... à huis clos, bien entendu.