mercredi 14 mai 2014

Le retournement, c'est maintenant !

Dessin de Philippe Tastet
Les médias ont beaucoup parlé de retournement ces jours passé, commentant une déclaration du chef de l'État qui parlait de l'économie.
À Kerlaz aussi un retournement fait suite au changement, plus discrètement. Il s'agit, après le changement de conseil municipal, du retournement de ses pratiques amorcées.
Les deux premiers conseils ont été un indicateur de tendance quant à la manière d'administrer. Ainsi le nouveau maire s'est engagé à "tenir compte des remarques constructives des deux autres conseillers qui complètent le conseil, et ce dans l'intérêt général de la commune". Voilà qui était déjà prometteur de débats démocratiques. Nous avions aussi noté avec grande satisfaction les prémices d’un changement dans le fonctionnement plus que douteux du conseil municipal précédent : l’abandon du mode confessionnal, et le rétablissement du vote à main levée dans son application réglementaire.
Malheureusement, le troisième conseil ne confirme pas les espoirs des précédents et rétrograde déjà. Nous aurions bien aimé que ces nouveaux élus répondent aux attentes de la population qui, rappelons-le a rejeté en masse les sortants. S'agit-il d'un dérapage incontrôlé, un manque d'attention de novices, ou le signe prémonitoire du retour aux déplorables attitudes antérieures, sous la baguette justement du seul rescapé du Radeau de la Méduse ?
Seul bon point qui subsiste des bonnes intentions : l'abandon du mode confessionnal, en rendant audible les propos du maire et les interventions des conseillers (peu nombreuses il est vrai jusqu'ici).
Par contre, "tenir compte des remarques constructives" des conseillers, et pas seulement des "deux autres", nous avons eu la démonstration du contraire vendredi, comme cela a été relaté précédemment.
Deuxième motif de satisfaction qui tombe à l'eau : le vote à main levée. Comme son nom l'indique, le vote est exprimé lorsque le votant lève la main ou le bras. Sinon il ne vote pas. C'est une usurpation très déplorable et combien contestable de procéder en interprétant l'inverse. Contrairement au résultat proclamé, lorsqu’aucun conseiller n’a levé la main, ce n’est pas un vote favorable à l’unanimité, mais tout simplement une abstention générale, personne ne s’étant exprimé. Affirmer le contraire est une escroquerie, de même que demander de lever la main pour déclarer s’abstenir, alors que justement l’abstention par définition ne s’exprime pas, elle se constate et les abstentionnistes doivent être comptés par déduction du nombre des votes exprimés (pour et contre) du nombre total des conseillers (présents et représentés).
C'est de plus un procédé insidieusement antidémocratique : une proposition présupposée honnête et dans l'intérêt général soumise au vote doit d'abord, et c'est logique,  appeler l'approbation, espérée majoritaire. Ensuite seulement viennent les avis défavorables, et les abstentionnistes s'abstiennent tout simplement. Le fait de demander d'exprimer en premier le vote défavorable est une mesure d'intimidation, or toute pression pour influencer le vote est illégale, la règle en démocratie étant que chacun puisse s’exprimer en toute liberté.
Enfin, manque de transparence aussi dans les critères qui ont servi de référence au choix des candidats à la commission communale des impôts directs qui a l'air d'être un lot de consolation pour certains et une récompense de bons services pour d'autres.
On a vu que l'adjoint chargé des affaires sociales et de la vie des associations ne semblait pas avoir été très impliqué à ce dernier conseil, qui pourtant concernait en partie directement son domaine de compétence. Comme il est aussi chargé de la communication, il ne va pas manquer d'ouvrage, à l'intérieur même du conseil municipal. Souhaitons-lui bonne chance et bon courage.
Sous les maillots tout neufs, une équipe qui ne joue pas collectif, un capitaine qui ne respecte pas les règles, des coups-francs pas francs, pas sûr que les supporters continuent de supporter.

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