vendredi 18 avril 2014

La démocratie est en marche ?

Les paparazzi à l'œuvre récemment "dans le bourg", d'après Ernst

Deuxième conseil, d'installation également puisque consacré à la composition des commissions municipales et délégations diverses, ainsi qu'aux indemnités du maire et des adjoints. Pas d'affaires diverses comme annoncé dans la presse locale, enfin la moitié de la presse qui s'intéresse à Kerlaz, car point de correspondant du Télégramme au conseil. Sans doute ne lisant que l'organe de son employeur il aura manqué lui-même l'information. Gageons que nous aurons droit tout-de même à un compte-rendu, car depuis plusieurs mandatures déjà, le correspondant du dit journal se contentait presque toujours de "ramasser les copies", c'est à dire prendre le compte-rendu établi par le secrétariat de mairie, lequel compte rendu ne méritait pas son nom, car établi avant le conseil il comportait déjà le résultat des délibérations et non seulement les propositions.
Maigre public à ce conseil, comme si la grande majorité de la population, dont des conseillers sortants qui avaient pourtant promis d'y assister, ne lisaient que Le Télégramme, ce en quoi ils auraient tort.
D'emblée, on a pu sentir des différences positives. Le mode confessionnal a été abandonné et la volonté de conseil public affichée, ce qui est un bon point conforme au programme. Si le résumé a été remis au correspondant de presse, au moins il ne comportait pas les résultats. Il est vrai que pour un tel ordre du jour, c'eût été un peu délicat, un accident étant vite arrivé même si les jeux étaient faits.
Dès 20 h 30 débute le conseil auquel participent 14 conseillers sur quinze élus. Le maire annone un élu "excusé" sans autre précision. "Excusé" est un doux euphémisme pour cacher ce qui semble une épine dans le consensus des élus majoritaires. Un élu est absent ou présent, point. Il peut y avoir des circonstances personnelles qui justifient l'absence, mais l'excuse, si on peut l'entendre, n'est qu'une notion morale à admettre en second lieu. Il se trouve que l'élu absent n'est autre que Madame Nadine Augras, qui s'était présentée à la candidature d'adjoint aux finances et qui n'avait recueilli qu'une seule voix. Il se trouve aussi qu'elle n'a pas donné procuration à quiconque pour ce conseil, fait pour le moins surprenant dans une équipe supposée unie, que ces coïncidences induisent à mettre en doute, et surtout à s'interroger sur le motif de ce pas de côté.
L'élection des vice-présidents et des membres des différentes commissions ainsi que des délégués à diverses instances s'est déroulée sans suspense bien sûr, avec quelques flottements sur certaines modalités pratiques de vote. Mais pourquoi diable s'entêter à faire une litanie de scrutins secrets quand ce n'est pas obligatoire, que de surcroît il y a un seul candidat et une belle unanimité connue d'avance ? C'est d'autant plus étonnant que les commissions municipales (hormis l'appel d'offres pour laquelle le scrutin secret est obligatoire) ont fait l'objet de votes à main levée.
Profitons de l'occasion pour encourager le vote à main levée qui prend tout son sens, où l'on commence par voter pour en levant la main, au lieu de la parodie de la période précédente, où l'on appelait d'abord à (ne pas) voter contre pour déclarer ensuite, parce que que les mains n'avaient pas quitté la table, que l'on avait voté pour, alors qu'en réalité personne n'avait voté. Cela paraîtra futile à certains traditionalistes, mais sur le fond et dans l'état d'esprit cela est radicalement différend.
Il reste encore quelques efforts de pédagogie à accomplir. Si la plupart des commissions et délégations ont été décrites avant vote, ce dont on se félicite, les syndicats intercommunaux n'ont pas eu la précision de leur extension géographique, car une instance intercommunale peut se limiter à quelques commune à l'échelle d'un canton par exemple, ou davantage, à l'échelon départemental, ou autre combinaison. Les conseillers électeurs n'ont pas posé la question. Peut-être avaient-ils la précision sur leur documents, mais le conseil est public.
Enfin, nous avons eu droit à un gros mensonge pour clore l'ordre du jour. Après lecture des références permettant de déterminer le montant des indemnités allouées au maire et aux adjoints et annoncé le plafond global mensuel pour l'ensemble des bénéficiaires, le maire a soumis au vote les montants des deux catégories en ajoutant, par deux fois, "c'est le montant fixé par la loi". Or il s'agit bien du maximum fixé par la loi, qui ne l'impose pas, laissant à chaque conseil la possibilité de ne pas consommer cette enveloppe dans sa totalité s'il souhaite se montrer moins gourmand. Le conseil a parfaitement le droit de s'octroyer le maximum, mais pourquoi se cacher derrière un mensonge, fût-il par omission ?
Le vote de ces indemnités a fait l'objet d'une abstention, celle d'un conseiller de la minorité, qui avait justement interrogé le maire sur les montants et sur leur antériorité, ainsi que sur l'antériorité du nombre des adjoints. Le maire s'est bien empressé de confirmer que c'était déjà comme cela avant, que l'on n'avait rien changé. Oui, les six dernières années, mais précédemment il n'y avait que trois adjoints.
Allô, pourquoi tu tousses ?

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