À petits pas Thérèse vient prendre son tour dans la queue devant la poissonnerie où elle reconnaît son amie Chan.
Chan — Oh !
Bonjour Thérèse, comment ça va avec vous ? Depuis le temps qu’on
s’est pas vu…
Thérèse — Ca
peut aller maintenant que les tempêtes sont passées.
Chan — Des
tempêtes y aura encore ici dimanche soir.
Thérèse — Ah
oui, c’est vrai, vous avez quatre listes à Douarnenez. Au moins
vous avez le choix.
Chan — On a de
quoi faire, "entre les deux mon cœur balance", à
droite comme à gauche. Le mien balance toujours. Mais vous aussi à
Kerlaz vous avez le choix: trois listes pour 800 habitants, ça
bouge !
Thérèse — Moins
que la mer à Treizmalaouen cet hiver.
Chan — Ah bon !
Thérèse — Ils
disent tous la même chose; Ils veulent tous faire la même chose.
Chan — Mais
pourquoi ils sont pas sur la même liste alors ?
Thérèse — Y a
que un pour être maire vous savez bien. Mais ils ont oublié quelque
chose sur leur programme.
Chan — Quoi alors ?
Thérèse — Un
resto du cœur.
Chan — Comment ?
Thérèse — Pour
plumer le pigeon ils sont tous d’accord, ils viennent de voter une
augmentation des impôts locaux et ma retraite qui n’augmente pas.
Ceux-là sont tous des nantis et ils pensent pas aux autres, et
ils ont tous voté pour.
Chan — Comme ça
celui qui ira dedans pourra dire que c’est ceux d’avant qui ont
fait le coup...
Thérèse — En
attendant, je sais toujours pas pour lesquels voter. Je crois que je
vais écrire tous les noms sur des petits papiers et dire à mon mab
bihan de tirer quinze billets.
Chan — Comme pour le loto quoi.
Thérèse — Ou
alors je mets rien dans l’enveloppe je verrai
Chan — Ah ! Voilà
ma merc’h qui vient me chercher.
Thérèse —
Kénavo alors, la semaine prochaine on verra la suite.
Le plumitif

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