mardi 25 mars 2014

On a raté l'épiphanie*

Matthias Stom L'Adoration des mages

Il aura fallu beaucoup de temps pour effectuer le dépouillement du scrutin dimanche soir. Rien d'étonnant, car avec 45 candidats répartis en trois listes panachables c'était prévisible. Les trois listes étant menées chacune par un adjoint sortant de la même équipe, s'affirmant futur maire et présentant les mêmes perspectives, les voix se sont évidemment réparties de sorte qu'aucun groupe n'atteint la majorité requise.
À l'encontre du principe du scrutin pour la taille de notre commune, une partie des électeurs aura choisi un maire, perpétuant une certaine tradition qui fait élire un "notable" doté de pouvoirs divers, réels ou supposés, soit par la capacité financière indirecte de bienfaisance ou nuisance, soit par l'appartenance ou affinités reconnues avec un milieu de pouvoir législatif ou administratif, soit plus modestement mais aussi efficacement bienveillant à l'égard de communautés transversales.
Jusqu'à ces derniers scrutins, jusqu'à l'installation de nouveaux habitants en nombre significatif, l'élection municipale fonctionnait ainsi : deux listes, deux clans rivaux, mais mus par des intérêts de même nature, espérant du prétendant maire qui les représentait la bonne garde (et plus, puisque affinités) de leurs prérogatives. En fait, l'électeur lamda non concerné par ce dessous des cartes avait à choisir entre par Pareil et Memestra, en n'ayant pas les clés pour décrypter quoi que ce soit.
On retrouve en général l'expression du vote de ces traditionnalistes dans le score plus élevé des meneurs que celui de leurs colistiers.
Mais l'affaire s'est compliquée avec l'amplification de l'immigration (que fait la police ?). Les anciens ont plus de mal à recruter des candidats tout du cru, au point pour une partie d'entre eux de s'allier en liste commune avec leurs ennemis d'hier (cherchez l'erreur). Il semble que les vieilles méthodes n'aient pas porté leurs fruits car en l'absence tant d'informations sur les candidats que de précisions sur les prétendus programmes, une grande partie des électeurs s'est détournée de ces candidats routiniers.
Une liste se détache donc assez nettement dans le résultat du premier tour. Leurs candidats récoltent sans doute le résultat de leurs efforts pour expliquer leurs intentions, rencontrer la population (la convaincre c'est une autre histoire). Si leur réunion publique n'a pas attiré foule, dommage, elle a le mérite d'avoir été organisée. Si du chemin reste à parcourir, on a pu ressentir une sincère envie de bien faire chez les nouveaux participants, d'où leur score prometteur.
Une constatation s'impose :  les adjoints et conseillers sortants n'ont pas eu la faveur des électeurs, et le maire sortant, s'il se souvient de sa péremptoire déclaration "la population m'a élu maire" a de quoi méditer en deuxième moitié de peloton, devenu porteur d'eau.

Peut-être que l'apparente indifférence à l'égard du fonctionnement du conseil municipal durant la mandature est trompeuse et que les citoyens se sont un peu réveillés en allant y voir de plus près et en tirer des conclusions  avant d'engager leur avenir. Qu'ils poursuivent la réflexion avant dimanche prochain, c'est le mieux que l'on puisse leur souhaiter.


(*) L' Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et recevant la visite et l'hommage des rois mages (Wikipedia)

3 commentaires:

bigouden a dit…

Lutte contre la pollution
Occultée par la campagne électorale et dont le sujet n'a pratiquement pas été évoqué par les candidats m'amène à cette réflexion.
Sous la responsabilité de (L'EPAB Établissement Public de gestion et d'Aménagement de la Baie de Douarnenez) a été construit un talus afin de créer un bassin de rétention pour tenter d’atténuer la pollution au niveau des algues vertes du Ri par un ralentissement de l'écoulement des eaux du bassin versant Nord vers le talweg.
Lors d'une promenade dans ce secteur, curieux du changement au niveau de l'intersection de Lanévry j'ai gravi le talus pour visualiser du haut ce que représentaient ces travaux.
Si le talus lui à un pouvoir de rétention le tuyau de trop plein lui n’e ralentira rien.
Ce talus construit qui fait office de barrage doit être normalement être construit avec des matériaux INERTES et non POLLUANTS et quelle a été ma surprise: on trouve dans ce remblai des restes d'enrobé. Je ne parle là que ce qui est visible: qu'y a-t-il dessous?....... L'enrobé fabriqué à partir d'hydrocarbure polluant notoire n'a rien à faire dans ce genre de protection (on ne fait qu’ajouté une pollution à une autre pollution!) En souhaitant que L’EPAB vérifie la conformité de l’ouvrage je considère que freiner la pollution n’est pas la supprimer, c’est malheureusement accepter que les algues vertes sont devenues une normalité.
A suive
Kén@vo

Anonyme a dit…

pouvez vous M Bigouden nous indiquer le lieu de cette découverte, puisque si je ne m' abuse, c' est bien l' entreprise de notre 1er adjoint qui a réalisé les travaux. Notre maire actuel est le Président de L'EPAB ainsi je ne peux que vous conseiller de prendre contact avec le Directeur de la Communauté de Communes pour signaler ce fait.

Treizma a dit…

D'après le commentaire précédent on retrouve, ici à nouveau, l'intérêt particulier qui prime sur l'intérêt général prôné si souvent par le maire sortant et son fidèle adjoint. Il semblerait d'après ce que révèle le commentaire de l'anonyme,que soit confié des travaux, payés par les administrés, à l'entreprise privée de son 1er adjoint. On retrouve ici quelque part, d'après la presse, la situation rocambolesque d'un PLU , vite enterré avant la fin du mandat. Et pour cause, une zone constructible qui ne l'est plus au profit de deux autres qui ne l'étaient pas et qui deviennent, par un coup de baguette magique, extensibles du côté de Lanévry et de Kerlucia. Pourquoi ne verrons nous pas également la salle communale, annexe de l'ancienne mairie ,( qui figure aux projets du programme Unissons nous pour Kerlaz) transformée, pourquoi pas, en crêperie par exemple par intérêt, lui aussi , particulier ! On comprend désormais les motifs qui ont conduit les électeurs à écarter des urnes ce type de personnages.