Nous sommes de plus en plus soumis à la pression de l'anglicisme. Outre le fait que l'impérialisme américain impose l'anglais comme langage technique d'échange dans nombre de domaines, dont l'informatique, il est de bon ton d'user de mots anglais plus que nécessaire, c'est même très bien vu dans la business class. Il suffit de feuilleter les magazines de salles d'attente pour s'en rendre compte, voire écouter la radio nationale généraliste dont certaines émissions qui se veulent "branchées" usent et abusent.
Les langues étrangères, oui ! et pas seulement l'anglais, mais le français aussi, et de préférence sans sabotage, ce qui, ne pas confondre, n'exclut pas de jouer de la langue, tous les amoureux francophiles vous le diront.
Well, revenons à nos brebis, darling.
Si Kerlaz ne sombre pas trop dans cette tendance langagière anglophile, un rapprochement peu engageant avec Londres s'amorce dans notre village. N'allez pas croire qu'il s'agit d'un projet de jumelage, dont l'idée émise par des candidats conseillers il y a six ans n'a pas eu de suite, mais mentionnée dans le seul programme des candidats de la liste Unissons nous pour Kerlaz au premier tour, proposition maintenant disparue bien que ce soit un facteur de lien social.
Oublions donc cette hypothèse, le rapprochement avec la perfide Albion, c'est Number One, la First Lady Herself .
Oublions donc cette hypothèse, le rapprochement avec la perfide Albion, c'est Number One, la First Lady Herself .
What is it, comment ça marche, penaos an traou ?
Extraits du mode d'emploi, de traductions diverses :
"Le monarque choisit son nom de règne comme il l'entend, ce n'est pas nécessairement son premier prénom.
Le souverain britannique est le chef spirituel de la nation et défenseur de la foi.
La reine reçoit les serments d'allégeance qui lui sont faits.
La reine est chargée de nommer un
nouveau Premier ministre. Celui-ci entre officiellement en poste
lors d'une cérémonie connue sous le nom de baiser la main." Charmant, n'est-il pas ?
Le rôle du souverain se cantonne donc essentiellement à un rôle cérémoniel en tant que chef d'État. En fait, le rôle de la reine est surtout limité à des fonctions honorifiques, soit de représentation, soit d'octroi
d'honneurs. Le pouvoir politique est détenu par le Parlement qui édicte les lois, qui, débattues par la Chambre des Lords et signées par la reine, ne peuvent néanmoins être bloquées par elles.
Autre chose : bien qu'elle n'ait qu'une fonction honorifique, le Parlement pourvoit aux dépenses de
la souveraine par des fonds publics, en une substantielle dotation fixée pour dix ans sous le nom de « liste
civile » d'une part et de confortables subventions annuelles d'autre part.
On voit donc bien la particularité de ce régime en deux parties, ce que Walter Bagehot, journaliste politique du XIXème soulignait en décrivant le monarque comme "la partie digne", par opposition à "la partie efficace", le Parlement.
Voilà ce qui va nous rapprocher de nos voisins anglais. Nous nous acheminons localement vers une monarchie constitutionnelle, certes à moindre échelle, mais le principe demeure, transposé. D'un côté la partie digne : la reine, auto-intronisée grâce à la défection du prédécent monarque et aux serments d'allégeance, bien pourvue de sa liste civile et dotations accessoires subvenant largement aux frais de parade, de l'autre la partie efficace : le premier ministre et autres collaborateurs à la tâche.
Si, bien qu'amis de nos voisins d'Outre-Manche, vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de ce modèle de gouvernance, dites vous bien qu'il ne tient qu'à vous de l'éviter. Dimanche, même si un groupe constitué a vos préférences globalement, n'oubliez pas que vous avez à élire des candidats individuellement. Rien ne vous oblige, ayant choisi votre équipe efficace*, à prendre par dessus le marché, mais pas gratuitement, une monarque qui à l'instar d'Élisabeth la queen, n'ayant eu à prouver, et pour cause, quelque efficacité autre que de parade, saura faire prendre très au sérieux son rôle cérémoniel, dotée de sa confortable liste civile que vous lui aurez généreusement attribuée pour assurer ses vieux jours.
PS : si la noblesse de classe n'est pas notre cup of tea, saluons tout de même le baron Bich, qui en démocratisant son célèbre stylo, nous permet de voter comme on l'entend, en barrant proprement.
Dernière minute : si d'aventure, dès dimanche soir on entendait "le roi est mort, vive la reine !", Stéphane Bern assurerait en personne la cérémonie de l'intronisation qui sera diffusée en direct à l'Eurovision. Prions pour une météo clémente au passage du carrosse.
Pour en savoir plus : la monarchie britannique, la constitution, son histoire.

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