L’ANPE* locale recrute à Kerlaz.
Nature de l’emploi : figuration.
Critères de recrutement : pas de connaissances particulières. Bonne audition monophonique, bonne voix basse pour choeur. La myopie n’est pas un handicap. Petits travaux de pliage de papier de temps en temps. Aptitude à lever les bras et faire la claque*.
Pas de grande disponibilité exigée, travail posté essentiellement en soirée, annualisé mais peu d’heures au total, beaucoup de RTT*.
Il s’agit d’un CDD de durée exceptionnelle de six ans moins trois mois, sauf faillite de l’employeur.
Rémunération pas prévue mais avantages possibles. Petite collation au cas par cas.
Attention, le recrutement se fait par démarchage à domicile, aussi la plus grande vigilance s’impose : exigez de voir la carte d’accréditation des démarcheurs, et la lettre d’introduction qui doit comporter la mention “Faire bonne figure à Kerlaz”. Les opérations de recrutement ont déjà commencé, mais bien que la situation de l’emploi ne soit pas très brillante en général, lisez attentivement le contrat d’embauche et n’hésitez pas à faire valoir vos prétentions, car pour cette offre peu alléchante les postulants, lucides, se font rares, et déclinent la proposition successivement, aussi les enchères vont grimper.
En cas de candidature, si négligence de la visite des agents recruteurs, s’adresser à la mairie, service Général, ou affaires sociales.
* : ANPE : Agence Nouvelle pour la Promotion des Elus
* la claque : Bien qu’au pays d’Astérix, il ne s’agit pas de donner des baffes aux valeureux Romains de Triumvirus, Soutienmordicus et les autres, mais bien d’applaudir.
* : RTT : Répétition de Tâches Tranquilles
2 commentaires:
Je souhaite bon courage à ceux qui s’embarqueraient dans cette galère, au banc des rameurs, qui doivent en plus écoper. Le capitaine et son bosco recruteurs ne sont pas très convaincants : l’un peu disert, l’autre qui brasse, mais pas de cap, un gréement de fortune, et puis aussi sous la bannière royale un pavillon de pirate qu’on a bien du mal à dissimuler. Non, merci, le chant de la sirène ne m’a pas convaincu. Je préfère attendre un navire plus fiable.
Je vous comprends, rameur, d’avoir décliné l’offre. Au-delà de l’ambiance fumeuse des tavernes de fortune où l’on partage le butin, et où l’on enrôle, c’est selon, le métier est rude, les combats meurtriers, les abordages angoissants. Et puis, corsaire ou pirate, la frontière est ténue. Combien de corsaires, armés par le roi pour défendre le royaume, se sont faits pirates sans foi ni loi en mer, pour se rhabiller en nobles corsaires en rentrant au port...
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